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N° 198, printemps 2005
[ DOSSIER ]
QUELQUES DÉTOURS 2
LES PÉPINIÈRES DE TALENTS
QUI NE DEMANDENT QUÀ ÉCLORE
Le succès qua connu notre cahier Quelques détours
(Vie des Arts, no 193, hiver 2003-2004) nous a incités à
récidiver. Voici donc un second florilège de quelques
lieux (Attention ! Certains sont virtuels) qui défendent
des artistes et qui exposent des oeuvres un peu en marge des circuits
les plus fréquentés.
Un coup doeil sur les styles de ces galeries, sur les formes
dexpression de leurs artistes, sur léchelledes
prix des oeuvres, atteste de lextraordinaire hétérogénéité
du monde des arts visuels.
Que lon ne se méprenne pas. Tous les artistes attachés
à ces lieux tantôt insolites, tantôt novateurs
ou hybrides sont dauthentiques artistes en ceci quils
gagnent partiellement leur vie de leurs activités de création.
Naturellement, comme la plupart de leurs collègues représentés
dans des galeries plus établies, ils exercent des activités
professionnelles sans lesquelles ils ne pourraient pas vivre ni
donc exercer leur art.
Mais surtout ces lieux, quaniment souvent avec passion leurs
dirigeants, constituent de véritables incubateurs ou des
pépinières doù vont éclore les
talents quil revient aux amateurs dart de découvrir
et de révéler.
La sélection que nous avons effectuée englobe des
galeries dont limplantation est assez récente (un à
trois ans), situées hors des lieux de regroupement traditionnels,
où les arts visuels cohabitent avec dautres disciplines.
À cet ensemble, nous avons ajouté des lieux qui jouissent
dune certaine notoriété mais qui ont récemment
déménagé.
Pour mener à bien la production de ce cahier, nous avons
fait appel, dans une large mesure, à de jeunes rédactrices
et à de jeunes rédacteurs offrant ainsi la chance
à certains dentre eux de publier pour la première
fois un article dans Vie des Arts.
MONTRÉAL
CONTAGIEUSE PASSION
Nathalie Guimond
GALERIE HOLLINGER COLLINS
4928, RUE SHERBROOKE OUEST
MONTRÉAL
TÉL.: (514) 484-1694
www.hollingercollins.com
KYLE BEAL, STEVEN JAMES BROWN, DAVID BURDENY, KATYUSKA DOLEATTO,
ROY HARTLING, THADDEUS HOLOWNIA, AMY HUESTIS, COLIN MC NAIR, D.
BRADLEY MUIR, ROSEMARY SCANLON, VERONA SORENSEN
Née en octobre 2004 de lassociation du galeriste Anthony
Collins et de la photographe Heidi Hollinger, la galerie Hollinger
Collins se veut un espace aux spécialisations multiples :
atelier, studio de photographie, laboratoire (pour amateurs et professionnels)
et lieu dexposition. Un espace de 3500 pieds carrés,
répartis sur deux étages, qui permet les transformations
et les changements dambiances selon les expositions et les
événements qui sy déroulent.
Au-delà des critères esthétiques généralement
admis, cest le point de vue novateur et la pertinence de la
démarche artistique qui prévalent dans le choix des
artistes. En effet, pour Anthony Collins, il est important de garder
«cet équilibre entre les visées esthétiques
et la complexité de la démarche de lartiste.
Tout comme il est nécessaire daccompagner les gens
pour expliquer et leur faire voir autre chose, autrement; la passion
est contagieuse, vous savez.»
Bien que, pour le moment, le nombre dartistes représentés
par la galerie soit relativement restreint (une douzaine, principalement
des photographes canadiens et européens), ceux-ci rendent
parfaitement compte des pratiques photographiques actuelles; on
y propose, notamment, des oeuvres conceptuelles (souvent des expérimentations
techniques) susceptibles de stimuler la réflexion sur la
photographie, l'art et la création. En ce sens, la sélection
des oeuvres reflète la double sensibilité que cherche
à véhiculer le galeriste: valeurs esthétique
et théorique. La galerie Hollinger Collins propose également
des sculptures et des peintures. Des oeuvres qui, pourrait-on dire,
se révèlent plus méditatives.
En somme, les diverses vocations de lendroit (production,
diffusion) permettent de partager les risques. Étonnamment,
il y a peu de galeries spécialisées en photographie
contemporaine à Montréal, et ce créneau, certes
trop peu représenté, vient dêtre opportunément
enrichi.
MONTRÉAL
ÉCLECTISME CONTEMPORAIN
Jean de Julio-Paquin
GALRI
1100, AVENUE VAN HORNE
OUTREMONT
TÉL.: (514) 274-1502
www.galri.ca
DIRECTEUR: JEAN-MICHEL LAVOIE
PEINTRES ET GRAVEURS
MÉLANIE BERTRAND, THÉRÈSE JOANNETTE, SYLVIE
LAROSE, LATTAKEUSE DIMAGE (TECHNIQUES MIXTES), GEORGES MAMÀN,
WINSTON MCQUADE, CHANTAL MESSIER, GUIDO MOLINAR
PHOTOGRAPHES
MICHEL HUNEAULT, NICOLAS RUEL
SCULPTEUR
ION VLAD, DESIGNER, ALAIN LACHANCE, CRÉATION STAB
Meubles au design audacieux, peintures, sculptures et gravures
cohabitent dans ce nouveau lieu dirigé par Jean-Michel Lavoie,
un jeune et dynamique personnage. Pharmacien de profession et président
de lantenne canadienne de Pharmaciens sans frontières,
cet amateur dart âgé de 26 ans a fait le grand
saut en ouvrant sa propre galerie dart sur lavenue Van
Horne à Outremont, une artère en quête de revitalisation
où tous les espoirs sont permis.
Premier succès : laménagement intérieur
du bâtiment qui logeait autrefois un importateur de café.
La large baie vitrée devient une vitrine séduisante
où lensemble des oeuvres est révélé
dun seul coup aux passants curieux. Le plafond très
haut laisse désormais paraître les poutres de ciment
qui sincorporent bien à lespace fraîchement
remodelé.
Sur le plan artistique, léclectisme caractérise
ce nouvel espace de diffusion qui présente à la fois
des oeuvres de créateurs réputés, dont le regretté
Guido Molinari, et celles dartistes en émergence. Sur
les cimaises, des oeuvres de facture classique côtoient des
travaux à caractère plus expérimental. Selon
le directeur, la diversité dans les choix et les tendances
esthétiques est la pierre angulaire de cette aventure commerciale
où rien nest gagné davance. Cest
pourquoi nous saluons la venue de cette galerie dans ce secteur
en mutation où loriginalité des boutiques et
des commerces sy établissant, alliée au support
de sa population immédiate, ne peut quinfluencer à
court et moyen terme le devenir de cette avenue particulière
à Montréal. Mentionnons lintérêt
pour cette galerie à investir le marché corporatif
et la vente doeuvres dart sur le Web tout en misant
aussi sur une participation à des événements
collectifs dont lédition 2005 des Journées de
la culture.
MONTRÉAL
PLACE AUX ARTISTES ÉMERGENTS
André Seleanu
GALERIE SANDRA GOLDIE
1360, AVENUE GREENE
WESTMOUNT
TÉL. (514) 935 2355
www.galeriegoldie.com
DIRECTRICE: SANDRA GOLDIE
PARTENAIRE: MARYSE BONALDO
PEINTRES ET GRAVEURS
MÉLANIE BERTRAND, THÉRÈSE JOANNETTE, SYLVIE
LAROSE, LATTAKEUSE DIMAGE (TECHNIQUES MIXTES), GEORGES MAMÀN,
WINSTON MCQUADE, CHANTAL MESSIER, GUIDO MOLINAR
PHOTOGRAPHES
MICHEL HUNEAULT, NICOLAS RUEL
SCULPTEUR
ION VLAD, DESIGNER, ALAIN LACHANCE, CRÉATION STAB
Ouverte depuis 2001, la galerie Sandra Goldie est présente
sur la rue Greene à Westmount, « la rue sympathique
aux boutiques exquises », souligne la galeriste. Une certaine
profusion doeuvres dart caractérise la galerie,
que lon pourrait assimiler au loft dun jeune couple
branché. « Je veux que lespace soit aussi informel
et sympathique que possible », sexclame Sandra Goldie,
qui a mis en application son expérience dans le design dintérieur.
Sa partenaire, Maryse Bonaldo, partage la même sensibilité,
ayant également des liens avec le monde du design.
Sandra Goldie met laccent sur loriginalité du
projet dune galerie vouée exclusivement aux nouveaux
artistes, provenant de diverses régions au Canada. Cest
peut-être à la fois une force et une faiblesse de la
galerie, mais la démarche de galeriste est toute de courage
et de sincérité. Cest donner une chance aux
artistes émergents dans un monde de lart qui mise plutôt
sur les valeurs sûres. Chez Sandra Goldie, le prix des oeuvres
varie entre 500 et 5000 dollars. Pour un artiste, cette galerie
peut constituer une porte dentrée vers le marché
de lart.
Les toiles reflètent le jeu dinfluences qui agissent
dans lart actuel, souvent en combinaison : lhéritage
de lexpressionnisme abstrait, le néo-expressionnisme,
la nouvelle figuration, labstraction géométrique,
le minimalisme, l'art conceptuel. Les artistes utilisent une variété
de supports. Keer Tanchak propose des caprices lyriques dun
léger érotisme (à la Watteau), peinture à
lhuile sur aluminium. Jean-François Brillant, admirateur
de Frank Stella, crée une abstraction géométrique
colorée, sur des polygones irréguliers.
«Je demande à mes artistes lengagement, la curiosité
comme qualités, et dans les oeuvres, lharmonie, la
texture, la proportion, le rythme», explique Sandra Goldie.
Elle aide également des entreprises à créer
des collections. «Les acheteurs des milieux de lentreprise
saventurent de plus en plus dans le champ des artistes émergents»,
explique la galeriste. «Il est important pour moi de rendre
le monde de lart contemporain accessible au public. Lart
ne doit pas intimider les gens.» La galerie norganise
pas dexposition individuelle, mais des expositions collectives
réunissant trois artistes à la fois.
MONTRÉAL
IL SUFFIT DY CROIRE
Pierre-Anaïs Parent Saint-Gelais
CRU ESPACE GALERIE
1703, RUE AMHERST
MONTRÉAL
TÉL.: (514) 528-7007
www.cruespacegalerie.com
DIRECTRICE: NICOLE ST-AMOUR
STÉPHANIE AGHBACHIAN, BENOIT AQUIN, YVES ARCAND, LUCIE CHICOINE,
JULIE DUGUAY, JEAN-MARIE GIGUÈRE, JACYNTHE GLADU, YVON POIRIER,
ROBERT OUELLET, JULIE VADDAPPALLI, MICHEL VARIN, PAUL VILLENEUVE,
VANESSA YANOW
Une large vitrine permet au passant de jeter un coup doeil
furtif aux oeuvres exposées à la galerie CRU, rue
Amherst. Le plus souvent, piqué par la curiosité,
on entre. Lespace, impeccable et chaleureux, permet de se
laisser imprégner par les nombreuses oeuvres exposées.
Bien que, par sa situation géographique, la galerie ne soit
pas inscrite dans le parcours habituel des amateurs dart,
Nicole St-Amour se déclare très satisfaite de son
emplacement. Le quartier est vivant et les résidents sont
ouverts à lart sous ses formes les plus variées.
Inauguré en novembre 2004, CRU espace galerie accorde une
place importante aux artistes en début de carrière
mais, avant tout, Nicole St-Amour se laisse guider par ses coups
de coeur. Sous le thème, «Lamour cru»,
lexposition de février 2005 présentait des oeuvres
traitant de lamour, du désir ou encore de la sensualité
et ce, sous ses nombreuses déclinaisons. Il était
possible dy voir des oeuvres aussi diversifiées que
les portraits néo-expressionnistes de RobertOuellet, les
photographies intimistes et sensibles de Benoît Aquin et les
peintures abstraites doù émanent une impression
détrangeté de Sergei Savchenko.
Singularité intéressante, la galerie présente,
de façon permanente, des objets de métiers dart:
céramiques, poteries, pièces en verre et bijoux trônent
au centre de la galerie. Pour Nicole St-Amour, les métiers
dart sont souvent plus accessibles. Ainsi donc, cette vitrine
supplémentaire, offerte à de nombreux artisans québécois,
permet datteindre un public large, ce qui constitue un des
principaux objectifs de la galeriste.
MONTRÉAL
LINCURSION PHOTOGRAPHIQUE
Claudia Benoit
BLOWUP
800, PLACE VICTORIA, TOUR DE LA BOURSE
MONTRÉAL
TÉL.: (514) 874-0404
www.blowupgalerie.com
DIRECTRICE: LOUISE LARIVIÈRE
Logée à la tour de la Bourse, la galerie BloWup expose
une photographie que met en relief une décoration intensément
pure, blanche, monumentale parfois, que berce une lumière
naturelle. Le bar Exos, associé à la galerie, offre
de quoi se rafraîchir et diffuse un perpétuel bruissement
leau qui chute de fontaines qui composent le mobilier. Dans
cette atmosphère particulière, BloWup propose une
photographie percutante sur des thèmes ouverts sur certaines
cultures qui restent parfois peu intelligibles. Ainsi, cette année,
les citoyens du monde montreront leurs particularités à
travers les photographies intuitives dune panoplie dartistes
multinationaux. Parmi eux, Christophe Chat-Verre présente
sa vision dun carnaval afro-brésilien à travers
des personnages aux costumes typiques de la fête si connue
de Rio de Janeiro.
BloWup sintéresse aussi à la diffusion de la
photographie, souvent à tendance journalistique. Protagoniste
du milieu culturel montréalais, la galerie participe au mois
de la photo et édite des publications où Montréal
reste un thème dominant comme en témoigne, par exemple,
le plus récent ouvrage Je suis Montréal. La particularité
de lorganisme, qui ne compte que deux années dexistence,
réside dans son orientation en faveur dune photographie
de type «image» dinformation. À cet égard,
BloWup offre une expérience singulière à vivre,
à tout le moins, tant que létranger et son exotisme
demeureront mystérieux.
MONTRÉAL
POLYVALENCE, GESTION ET PASSION
Pierre-Anaïs Parent Saint-Gelais
SYLVIANE POIRIER ART CONTEMPORAIN
1000, RUE AMHERST, SUITE 103
MONTRÉAL
TÉL.: (514) 875-9500
www.sylvianepoirier.com
DIRECTRICE: SYLVIANE POIRIER
BARYE ALLIKAS, FRANÇOIS-MARIE BERTRAND, LISE BOISSEAU, DANIEL
CORBEIL, MANON DE PAUW, ÉLIANE EXCOFFIER, ÉRIC LAMONTAGNE,
RENÉE LAVAILLANT, MICHAEL MERRILL, JOSÉE PELLERIN,
LORRAINE PRITCHARD, SYLVIE READMAN, JEAN-PAUL SCLAPARI, LORRAINE
SIMMS, SYLVIE TOURANGEAU, KAREN TRASK
Après avoir occupé un espace au 2e étage de
lédifice Belgo pendant près de trois ans, la
galerie Sylviane Poirier art contemporain déménage
en juillet 2004 au 1000, rue Amherst. Pourquoi quitter un haut lieu
de lart actuel pour aller sinstaller, seule, dans un
immeuble légèrement excentré et, surtout, situé
dans un périmètre encore peu fréquenté
par les connaisseurs?
Comme le souligne Sylviane Poirier, force est de constater que
«ce nest pas le lieu qui est important, mais plutôt
ce qui y est présenté!» Dailleurs, depuis
quelques années à Montréal, on constate la
dispersion des galeries et des centres dartistes. En outre,
Sylviane Poirier aime les défis et elle agit donc en toute
connaissance de cause. Et puis, le 1000, rue Amherst ne constitue
pas un choix innocent. Bien situé à la croisée
du Vieux-Montréal, du Centre-ville et du Centre-Sud, limmeuble
porte maintenant le nom de Centre dart Amherst. En plus de
gérer la galerie qui porte son nom, Sylviane Poirier offre
trois espaces en location pour des expositions individuelles ou
collectives. Trois ateliers seront également bientôt
disponibles. Voilà donc un contexte qui promet dêtre
stimulant et vivant! Enfin, une bannière devrait bientôt
attirer, de loin, lattention des passants.
Le déménagement de la galerie Sylviane Poirier art
contemporain ne modifie en rien son style et son mode de fonctionnement.
La vidéo, installative ou non, la performance et la photographie
continuent doccuper une place importante au côté
de la peinture et du dessin. En plus de proposer les oeuvres des
16 artistes réguliers au cours dexpositions individuelles,
Sylviane Poirier se réserve une ou deux périodes dexpositions
par année pour présenter un coup de coeur du moment.
Par ailleurs, sur les 16 artistes exposant chez elle, 10 sont des
femmes. Selon la directrice, ces dernières sont encore trop
peu représentées dans les galeries québécoises.
En partie pour remédier à cette situation, mais surtout
pour briser le mythe de lartiste «mauvais gestionnaire»,
Sylviane Poirier offre un service dassistance professionnelle
(coaching). Elle anime des ateliers individuels ou de groupe sur
le marché de lart (la recherche de commandite, la gestion
et la coordination de projet). Elle veut surtout aider les artistes
à prendre leur carrière en main. «Un artiste,
cest aussi un technicien, un gestionnaire, un chercheur, un
relationniste, il assume aussi bien dautres fonctions! »
déclare-t-elle. À lévidence, celle qui
vient dêtre élue Présidente de lAssociation
des galeries dart contemporain (AGAC) démontre quil
est possible dassocier art et gestion, rigueur et passion.
MONTRÉAL
À VOS PAPIERS
Edith Roy
LA GALERIE DE LA SOCIÉTÉ DES ARTS SUR PAPIER
4826, RUE SAINT-DENIS
MONTRÉAL
TÉL.: (514) 286-0352
www.sap-aps.org
PROPRIÉTAIRE: FRÉDÉRIK LANGLOIS
COORDONNATEUR DES EXPOSITIONS: MATTHIEU GAUVIN
SOPHIE CASTONGUAY, MATTHIEU HENMAN, RICHARD LANCTÔT, MAX
WYSE
D'abord, maison de distribution, puis librairie spécialisée
dans la bande dessinée dauteurs, La galerie de la Société
des Arts sur Papier, anciennement connu sous le nom F52, sest
dotée, en septembre 2004, dun espace dexposition
à même la librairie. Toutes les oeuvres présentées
sont sélectionnées à partir dun premier
critère, soit le support sur papier, qui saccorde parfaitement
avec les ouvrages authentiques oeuvres dart
quon y trouve. Dessins, photographies, sérigraphies,
estampes, peintures, calligraphies et gravures viennent dialoguer
avec le monde du livre, rendant ainsi perméables les frontières
disciplinaires. Ce nest pas un hasard si la Société
des Arts sur Papier a été créée et a
pris forme dans lespace F52 en janvier 2005. Elle témoigne,
à tout le moins, de lengouement pour le dessin que
manifestent de nombreuses galeries montréalaises depuis quelques
mois.
Jusquà maintenant, seuls les artistes Sophie Castonguay,
Max Wyse et Matthieu Henman ont exposé. Cependant, les idées
abondent. Cest que lhybridité du lieu offre une
multitude dinteractions entre les sphères de la littérature
et des arts visuels. Dailleurs, on prévoit éventuellement
une alliance conceptuelle entre les écrivains et les artistes
pour réaliser un projet commun. «Nous voulons, en quelque
sorte, désacraliser le domaine artistique et son marché.
Plusieurs de nos clients achètent ici une première
oeuvre originale », souligne Matthieu Gauvin, coordonnateur
des expositions. Enfin, le mandat inusité qui définit
la galerie permet de recruter des amateurs provenant de divers milieux.
En moins dune année, la «galerie-librairie»
a fait preuve dun dynamisme contagieux en suggérant
une panoplie de trésors à découvrir.
MONTRÉAL
À LENSEIGNE DE LA LIBRE EXPRESSION
Edith Roy
GALERIE ARTUS
988, RUE RACHEL EST
MONTRÉAL
TÉL.: (514) 523-4179
DIRECTEUR: NIKOLAI KUPRIAKOV
BOB DESAUTEL, PIERRE DUPRAS, MICHEL FARRUGGELLO, JEAN-PIERRE GAGNON,
NIKOLAI KUPRIAKOV, VÉRONIQUE TIFO
Voilà une galerie vivifiante. Peinture en direct, body painting,
soirée masquée, installations, vidéos
la
gamme est vaste ! Entamant sa sixième année dexistence,
la galerie Artus propose des expositions et des actions originales.
Par exemple, lévénement annuel Art à
la pièce qui met en scène des artistes peignant en
direct un mur entier de la galerie. Pour un prix très abordable
(20 à 80 dollars), le visiteur peut choisir une section de
la gigantesque toile réalisée.
La galerie se présente essentiellement comme un lieu déchange
artistique et douverture desprit. Il y a quelques années,
on pouvait y découvrir un groupe dartistes péruviens
qui exposaient leurs créations à loccasion dun
projet déchange avec des étudiants de lUniversité
du Québec à Montréal. Des artistes émergents
autant quétablis peuvent bénéficier du
lieu. Ici, on laisse place à la spontanéité,
et donc, à une grande liberté créatrice. Généralement,
il suffit de proposer une idée pour pouvoir la conduire à
terme. De ce fait, le propriétaire de lespace, Nicolai
Kupriakov, semble indéniablement réceptif à
toutes les perspectives. « La galerie Artus est née
dune volonté daller à lencontre
de la bureaucratie régissant les arts visuels », affirme-t-il.
Ainsi, le directeur met tout en oeuvre pour saffranchir des
obstacles qui pourraient entraver lautonomie permise dans
ce lieu. Différentes formes de créativité,
des disciplines diverses se côtoient sans gêne. De plus,
quiconque le souhaite peut également suivre des cours de
peinture en profitant des ateliers situés à larrière
de la galerie.
Les manifestations artistiques proposées par la galerie
Artus ne constituent pas de pures innovations, elles témoignent
néanmoins dun effort sincère et rafraîchissant
qui permet, autant aux artistes quaux visiteurs, des explorations
singulières.
MONTRÉAL
STRATÉGIE DOUBLE : ACCESSIBILITÉ ET SYNERGIE
Émilie Lesage
GALERIE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE
372, RUE SAINTE-CATHERINE OUEST, ESPACE 216
MONTRÉAL
TÉL.: (514) 395-6032
www.pfoac.com
DIRECTEUR: PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE
MARC AUDETTE, MICHAEL A. ROBINSON, ALEXANDRE CASTONGUAY, LUC COURCHESNE,
MICHEL DE BROIN, JÉRÔME FORTIN, KARILEE FUGLEM, LUIS
JONCAS, MARIE-JOSÉE LAFRAMBOISE, JOHN LATOUR, MARIE-JEANNE
MUSIOL, ED PIEN, ROLAND POULIN, ANNIE THIBAULT, JOHANNES ZITS
Dès sa fondation en 2001, la galerie Pierre-François
Ouellette a voulu permettre à une clientèle variée
d'acquérir des oeuvres d'artistes émergents et de
participer ainsi à la diffusion de l'art actuel canadien.
Les clients et les visiteurs sont considérés comme
des ambassadeurs de la galerie et des quinze artistes qu'elle représente.
« Collectionner l'art contemporain ne concerne pas uniquement
les gens riches, affirme M. Ouellette, cest plutôt le
partage dune même passion qui contribue au développement
du marché de la galerie. » Pour son directeur, ce qui
importe, cest que le dialogue sur les oeuvres (qu'il s'agisse
de sculptures, d'installations, de vidéos ou même de
réalisations multimédias) demeure vivant au-delà
des murs du local 216 de l'édifice Belgo. La clientèle
de la galerie comprend les musées, les collectionneurs et
les simples amateurs dart, voire des étudiants. Pour
faciliter les achats, Pierre-François Ouellette propose des
modalités de paiement. Il n'est donc plus irréaliste,
pour quiconque le souhaite, d'envisager de participer au commerce
de l'art contemporain au risque de voir se dissoudre ses propres
économies.
Pierre-François Ouellette fournit des efforts constants
pour faire connaître l'art actuel canadien sur la scène
nationale et internationale. Ainsi, la galerie participe régulièrement
à des foires mondiales d'art contemporain : ARCO (Madrid),
ART FORUM (Berlin), DIVA (New York) et TIAF (Toronto). Ces manifestations
élargissent le rayonnement des artistes. Certains dentre
eux, comme Michel de Broin et Jérôme Fortin, commencent
à être reconnus à létranger. Dans
cette même optique, la galerie diffuse sur son site Internet
un nombre considérable d'informations sur ses activités,
ses mises en vente et les productions de ses artistes. Depuis quelques
mois, la galerie s'est aussi attribué le rôle d'émissaire
de la vie artistique montréalaise. Grâce à son
initiative, deux pages dinformation sont intégrées
à chaque numéro de la revue Art Forum pour promouvoir
les événements et les expositions qui ont lieu dans
les galeries et les centres dartistes de la métropole.
La philosophie de Pierre-François Ouellette est celle du
«B to B» (Business to Business). Selon lui, la coopération
avec les musées, les galeries et les professionnels du milieu
est nécessaire à la consolidation du réseau
artistique québécois et canadien, tout comme lest
sa reconnaissance à létranger.
MONTRÉAL
LABORATOIRE CYBERFÉMINISTE
Nathalie Guimond
STUDIO XX, CENTRE DARTS MÉDIATIQUES
338, TERRASSE SAINT-DENIS
MONTRÉAL
TÉL.: (514) 845-7934
www.studioxx.org
Centre de ressources sur les nouvelles technologies, le Studio
XX intervient dans le champ des nouveaux médias et présente
la particularité dêtre exclusivement destiné
aux femmes. Un de ses mandats est de favoriser la création
et la diffusion doeuvres darts technologiques, numériques
et audionumériques créées par des femmes :
« Exposer, démystifier, outiller, questionner et créer
» sont les visées principales du Studio qui guident
son orientation et sa trajectoire.
Le Studio XX est avant tout un lieu de formation, offrant des ateliers
allant de linitiation au web jusquà un niveau
de production et de développement multimédia avancé.
Vient ensuite le volet de production, qui propose notamment un programme
de résidences dartistes, des coproductions et des collaborations
avec des artistes médiatiques et des commissaires. Laxe
de diffusion, pour sa part, comprend les Salons Femmes Branchées,
5 à 7 mensuels où le public est amené à
découvrir les productions les plus récentes du monde
numérique international et à discuter avec des artistes,
théoriciennes, commissaires, activistes féministes
ou femmes travaillant dans le champ des nouveaux médias.
Une réflexion artistique, sociale et politique avant-gardiste
est omniprésente dans toutes les activités du Studio
et passe notamment par lélaboration dune revue
électronique.
Le Studio XX est surtout connu pour son festival de cyberart HTMlles,
événement biennal dont le volet québécois
est en circulation la deuxième année. La programmation
s'articule, à chaque édition, autour d'un thème
différent ; en 2005, il sera question de proximité
et de périphérie, du corps dans l'espace virtuel,
de la distance psychogéographique et de l'évolution
des rapports sociaux. Fort dun discours cyberféministe
bien engagé, le Studio est surtout un espace encourageant
les artistes et les femmes en général à utiliser
les nouvelles technologies et à sapproprier le cyberespace
à leur manière.
MONTRÉAL
AU CARREFOUR DES COURANTS
GALERIE LES MODERNES
2122, RUE CRESCENT
MONTRÉAL
TÉL.: (514) 875-4358
www.artnet.com
(SECTION: LES MODERNES)
PROPRIÉTAIRE: LOUIS BOUDREAULT
La galerie Les Modernes a une nouvelle visibilité depuis
son déménagement il y a deux ans vers le secteur des
commerces dart de la rue Crescent. Auparavant, la galerie
avait une présence plutôt discrète dans lédifice
de galeries Belgo (372, rue Sainte-Catherine). Actuellement, Les
Modernes se fait remarquer des passants par son grand bow-window
en saillie, marqué par un lettrage noir sur un fond blanc.
«On a maintenant pignon sur rue. Nous sommes près
du quartier touristique, également du Musée des beaux-arts
», remarque Louis Boudreault, le propriétaire. La galerie
découvre un nouveau marché. «Une nouvelle clientèle
émerge: des gens entre 35 et 45 ans qui veulent être
conseillés dans les belles choses. » De plus, la galerie
maintient des liens importants avec létranger. «
Nous faisons partie dun réseau formel de galeries dart
inscrites sur lInternet, artnet.com, et nous travaillons,
entre autres centres, avec New York, Paris, Londres. Nous entretenons
des relations avec des marchands de ces villes », explique
M. Boudreault. Par voie de conséquence, les clients des Modernes
se trouvent tant au Canada quà létranger.
Les artistes appartiennent aux domaines canadien et international
et se partagent entre lart classé, tels Chagall, Noland,
Picasso ou Ferron, Riopelle dans le domaine canadien, et lart
contemporain. Chaque année, la galerie intègre loeuvre
dun ou de deux artistes. Lécole américaine
est présentée en vedette par M. Boudrault, qui met
en exergue un chef de file de celle-ci, Kenneth Noland, peintre
de la post-painterly abstraction, une version de labstraction
géométrique. Le galeriste affectionne également
la peinture française et lÉcole de Paris. La
galerie a vendu des oeuvres de Picasso, Chagall, Soulages, Utrillo
entre autres artistes français. En effet, lapproche
de la galerie combine léclectisme et la qualité.
«Peu importe la période, une belle oeuvre reste pour
moi une belle oeuvre », note Louis Boudreault. Il aime aussi
lécole moderne italienne : des oeuvres de Fontana,
Balla, Morandi, Severini, Manzoni ont fait partie de lactif
de la galerie. Actuellement, des oeuvres du sculpteur britannique
Nicola Hicks, qui donne une patine et une plasticité de terre
cuite au bronze, occupe une place de choix dans lespace dexposition
des Modernes. Lart inuit, symbolisé par les hallucinantes
et secrètes sculptures de Karoo Ashevak, constitue un volet
significatif de lactivité de la galerie.
Parallèlement au métier de galeriste, Louis Boudreault
pratique lui-même la peinture. Sa série de grandes
toiles intitulée Sur la route des couleurs, oeuvre en partie
conceptuelle sur le transport des couleurs pendant la Renaissance,
réunit lesquisse figurative et des clins doeil
à la Renaissance et à lart asiatique, à
la peinture chinoise et à la miniature persane.
La boutique au nom attrayant de Maison blanche, également
située rue Crescent, est affiliée à la galerie.
Elle présente une ambiance très parisienne de fleurs
entourées dobjets de design : lustres, vaisselle, porcelaine.
Elle est gérée par le designer Dominique Bernard.
MONTRÉAL
CLIC POUR UN DÉCLIC
Claudia Benoit
GALERIE ALT-6
www.alt-6.com
MARTIN BEAULIEU, YVES BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS GRATTON, BRIGITTE
HENRY, EMMANUEL JOLY, RON LEVINE, JOE OPPEDISANO, TSHI, GEORGE S.
ZIMBEL
Depuis trois ans, un nouveau moyen d'explorer la photographie contemporaine
locale s'offre à tous les internautes avides de manifestations
artistiques. Alt-6 ne dispose pas d'une galerie physique, les déplacements
de ses visiteurs se limitent à quelques mouvements de souris
dordinateur, « Clic » et voilà que souvrent
des séries de photographies. Commerciales ou purement artistiques,
les oeuvres percent l'écran. On doit cette réalisation
à Fernande Ouellet et Jean-François Gratton, instigateurs
du projet.
Le choix du web permet, certes, une diffusion efficace des oeuvres
photographiques, mais rien ne vaut, bien sûr, lémotion
du face à face, le regard direct sur un tirage dont on peut
apprécier la virtuosité technique et la finesse d'exécution.
Alt-6 répond à ce souci. Voilà pourquoi le
personnel reçoit avec enthousiasme les collectionneurs désireux
de jeter un regard plus intime et éventuellement désireux
dacquérir une des réalisations des artistes.
La galerie Alt-6 demeure unique en son genre sur la scène
québécoise en développant une perspective technologique
qui pourrait, dans les prochaines années, devenir un nouveau
mode de diffusion plus commun et efficace. Pour son nonconformisme,
son individualité et son accessibilité, lorganisme
vaut mille fois le détour. Un clic nengage à
rien, mais permet dapprécier toute loriginalité
du site de ses images. Alt-6 deviendra sûrement un de vos
favoris.
MONTRÉAL
LART NOMADE
Edith Roy
MAJELLART
TÉL.: (514) 849-2038
www.majellart.com
DIRECTRICE: DORIS BLANCHET VASILOFF
STÉPHANIE BUSH, MARC CHATELLE, PAUL COLPRON, JORGE DAVILA,
SIMON DUTIL-PAQUETTE, TONY GAUDETTE, ALAIN HOUDE, ANDRÉ MICHEL,
LOUISA NICOL, MICHEL PICOTTE, MICHEL POULIOT, INDRA SINGH
Véritable passionnée, Doris Blanchet Vasiloff est,
depuis plus dun an, linstigatrice de la galerie virtuelle
Majellart. Si plusieurs sites Web offrent laccès à
des vitrines où sont présentées des oeuvres
dart, Majellart sen distingue pourtant. Ici, cest
en tant que galerie privée, comptant une vingtaine dartistes
québécois de diverses origines, quelle agit.
Déjà, une clientèle provenant des quatre coins
du monde visite régulièrement son site. Le réseau
dont bénéficient ses artistes ne cesse de croître
; il pique la curiosité de nombreux amateurs, ouverts aux
productions les plus diversifiées.
«La galerie virtuelle est la voie de lavenir»
estime Mme Vasiloff. Elle précise « Le monde actuel
profite dun retour au nomadisme, mode de vie favorisé
par Internet, qui permet à beaucoup de gens de travailler
à partir de nimporte quel lieu avec comme seul instrument
de travail un téléphone cellulaire ! Cette façon
de faire est florissante aux États-Unis et en Europe. »
La galerie veut donc abolir les frontières physiques, géographiques
et sociales, traditionnels obstacles à la diffusion des oeuvres
dart. Fidèle à cette logique, trois à
quatre fois par an, Doris Blanchet Vasiloff organise des expositions
à Montréal, à chaque fois dans un espace différent.
Loccasion est ainsi propice à faire connaître
un large éventail doeuvres dartistes actuels
de même que certaines antiquités. La prochaine exposition
aura lieu en mai 2005. Parmi une dizaine dartistes sélectionnés,
se distinguent Stéphanie Bush, lauréate dun
prix de dessin à la Biennale de Florence de 2003 et le sculpteur
pop Paul Colpron.
MONTRÉAL
SCULPTURE SUR MESURE
Nathalie Guimond
CENTRE DEXPOSITION CIRCA
372, RUE SAINTE-CATHERINE OUEST, ESPACE 444
MONTRÉAL
TÉL.: (514) 393-8248
www.cam.org/~circa
DIRECTEUR: MAURICE ACHARD
Installé depuis 1988 au quatrième étage de
lédifice Belgo, le Centre dexposition Circa (centre
dartistes autogéré) surprend par les espaces
dexpositions mis à la disposition des artistes (plus
de 300 mètres carrés) et la manière dont ils
y inscrivent leurs oeuvres. En effet, la particularité de
Circa tient au fait que pratiquement toutes les oeuvres quil
expose sont créées in situ. Il sagit dart
contemporain et presque exclusivement de sculptures et dinstallations.
Dailleurs, la politique qui guide le choix dexposition
et de diffusion de Circa repose sur cette idée de dialogue
entre les artistes et les particularités du lieu (dimensions
de la salle, colonnes, larges fenêtres
), en encourageant
des démarches impliquant une appropriation personnelle de
lespace.
Le Centre Circa présente sporadiquement des expositions
en collaboration, relevant dune filiation entre des artistes
en début de carrière et des artistes établis:
le comité de sélection invite de jeunes artistes à
exposer dans la grande salle, ceux-ci invitant à leur tour
un artiste expérimenté à exposer en même
temps dans la deuxième salle, de petites dimensions. Outre
les expositions de la programmation régulière, le
centre organise de nombreux événements et échanges
internationaux, notamment avec lAllemagne, la Belgique, le
Mexique, lAutriche, lEspagne, la France et le Brésil.
MONTRÉAL
LE PROJET DE LART ACTUEL
André Seleanu
GALERIE SAMUEL LALLOUZ
1434, RUE SHERBROOKE OUEST
MONTRÉAL
TÉL. (514) 849-5844
Installée depuis lété 2003 au deuxième
étage dun immeuble victorien de la rue Sherbrooke,
la galerie Samuel Lallouz reste fidèle à sa vision
de lart contemporain en tant que projet sans frontières.
Au fil des ans, la galerie a exposé des oeuvres dartistes
internationaux tels que Joseph Beuys, membre initial du mouvement
Fluxus, Hartung, Saura, Tàpies, Louise Bourgeois, Rothko,
de Kooning, Rauschenberg, etc. Joseph Campbell, écrivain
et conservateur montréalais, propose sa propre vision du
cheminement de la galerie : « Lallouz a exposé dimportants
artistes de niveau international : Joan Jonas, Carolee Schneeman,
artistes new-yorkaises de la performance ; Franz Erhard Walter de
Fluxus, Jochen Gertz
Et il a fait une belle place au talent
canadien : Michael Robinson, Irene Whittome, Naomi London, entre
autres. » La galerie a aussi exposé des oeuvres dans
la nouvelle recherche dans lart québécois :
Karilee Fuglem (installation), Nicole Jolicoeur, Sylvie Readman
(photo) Anne et Patrick Poirier (photo), etc. Ainsi, dès
ses débuts, en 1979, la galerie joue en quelque sorte un
rôle de carrefour de tendances actuelles.
Sur les cimaises, au moment dune visite en février
2005, lon voyait un ensemble de panneaux de Riopelle, une
grande toile aux couleurs baroques de Robert Combas, peintre de
la nouvelle figuration française des années quatrevingt,
un très zen et très minimaliste Robert Brown, artiste
associé à la New Image de New York. Lon notait
également la présence dune suite doeuvres
dun humour discret de Naomi London, artiste conceptuelle montréalaise.
«La vente doeuvres de figures consacrées qui
sont en demande telles que Riopelle par exemple, nous permet de
financer des jeunes artistes », explique Samuel Lallouz. «
Le rôle du galeriste est aussi dêtre en relation
avec des institutions, des écrivains, des communicateurs,
des penseurs », ajoute-t-il. L'activité de Samuel Lallouz
inclut également lédition dart : il a
édité des livres sur Carolee Schneeman, artiste newyorkaise
de la performance, sur les artistes de la photo actuelle québécoise
Sylvie Readman et Anne et Patrick Poirier, entre autres.
Le galeriste travaille dans une large mesure au sein dun
marché déjà existant au Canada, en Europe,
aux États-Unis : «Jaide des collectionneurs,
parfois des héritiers, à restructurer leur collection
», explique-t-il. À propos de la sensibilité
artistique personnelle, il déclare éprouver une affinité
pour le minimalisme : «Ce mouvement artistique allège
toute fonction sociale, économique, à ne rien perdre
Chaque forme a son esthétique, même la brique.»
Actuellement, Samuel Lallouz sintéresse à limage
de lHolocauste projetée dans lart contemporain.
La galerie a récemment présenté une vision
très épurée sur ce thème, en loccurrence,
celle du peintre néo-expressionniste français Marc
Asch. Le photographe Edward Hillel et le concepteur Jacques Fournier
proposent aussi une oeuvre (techniques mixtes) traitant de la déportation
denfants juifs français en 1944. Pour le moment, la
galerie organise quatre expositions par année. La prochaine
est consacrée à loeuvre graphique de Monica
Weiss, artiste polonaise résidant à New York.
QUÉBEC
DIVERSITÉ DES PRATIQUES
David Cantin
LIL DE POISSON
541, RUE SAINT-VALLIER EST
QUÉBEC
TÉL.: (418) 648-2975
www.meduse.org/oeildepoisson
DIRECTRICE: CAROLINE FLIBOTTE
INSTALLATIONS
ALEXANDRE DAVID, DIANE LANDRY, BGL, DOYON/RIVEST, MURIELLE DUPUIS-LAROSE,
CHANTAL SÉGUIN, YANNICK POULIOT
PEINTRES
SYLVAIN BOUTHILLETTE, MARTIN BUREAU, ERIC BURMAN
PHOTOGRAPHES
NICOLAS BAIER, NATHALIE DAOUST
Avec un nom pareil, Loeil de Poisson a toujours su se démarquer
des autres centres dartistes à Québec. Créé
en 1985, ce lieu situé dans le grand complexe Méduse
ne cesse de défendre un art de recherche où la peinture
se mêle à la photographie, ainsi qu'à linstallation.
Prêt à fêter ses vingt ans dexistence,
lendroit vient tout juste de se doter dune nouvelle
directrice en la personne de Caroline Flibotte. Comme elle le souligne
elle-même, «Loeil de Poisson se distingue encore
en misant beaucoup sur des projets inédits, ce qui implique
une bonne part de risque.»
Dun point de vue strictement fonctionnel, le centre a lavantage
de se diviser en deux espaces complémentaires. La grande
galerie offre un espace de diffusion vaste et multiple (1 460 pieds
carrés), tandis quune toute petite pièce à
lentrée accueille les projets in situ dartistes
très souvent en début de carrière. Loeil
de Poisson possède également un atelier de production
(au premier étage du complexe Méduse) où lon
travaille le bois ainsi que le métal avec un service de techniciens
compétents.
Au fil des ans, cet espace de création qui donne sur la
côte dAbraham a ouvert ses portes au travail dartistes
désormais connus: Alexandre David, Martin Bureau, Diane Landry
ou encore BGL. Sans jamais senfermer dans un créneau
trop précis, le centre mise avant tout sur la qualité
des modes de production artistique actuelle et des problématiques
qui forment les enjeux de lart contemporain. Toujours selon
Caroline Flibotte, «le dynamisme des membres de Loeil
de Poisson joue pour beaucoup et le centre ne cesse de soutenir
la relève en accordant le prix Tomber dans loeil, chaque
année, à un finissant au baccalauréat en arts
plastiques de lUniversité Laval. Plus récemment,
lendroit se dotait du prix Compas dans loeil (accordé
à un finissant du D.E.C. en métiers dart) puis,
organisait des expositions dans le hall du théâtre
le Périscope, en collaboration avec ce dernier.» Dans
les mois à venir, Loeil de Poisson compte devenir plus
festif que jamais, en présentant des soirées musicales
entre ses expositions.
OTTAWA
PUPILLES GUSTATIVES
David Cantin
GALERIE SAW
67, RUE NICHOLAS
OTTAWA
TÉL.: (613) 236-6181
www.galeriesawgallery.com
DIRECTEUR: STEFAN SAINT-LAURENT
Dans le but déchapper à la queue leu leu des
passants pressés par le quotidien, je pousse la porte du
67, rue Nicholas. Les photographies et les murs-écrans de
lexposition La vie en hiver qui se décline en autant
dimagespellicules, dimages qui bougent maccueillent.
Rien de plus normal dans ce lieu qui, depuis 1973 (SAW se nomme
alors Sussex Annex Works à cause de son emplacement dans
la rue Sussex), se veut précurseur des nouvelles tendances
artistiques ; dailleurs, les artistes canadiens et internationaux,
émergents et établis, qui y sont invités sadonnent
régulièrement à la performance et au multimédia.
Scène dexpression interdisciplinaire, la galerie Saw
dans les années 80 sest équipée de caméras,
de matériel de montage, ce qui a mené à la
création de Saw Vidéo, organisme maintenant indépendant.
Mais lorsque je parle de « scène », cest
aussi au sens propre, celle du Club Saw espace polyvalent
équipé dun bar avec sa centaine de spectateurs
pour qui lart se projette en lumière sur lécran
cinématographique ou prend racine dans les gestes des performeurs
qui tourneboulent la réalité.
Mes «pupilles gustatives » ayant fait leur plein démerveillement,
je men retourne à la cité noire et blanche,
mais laisse la porte entrouverte me rappelant que lune des
priorités de la Galerie Saw est de développer de nouveaux
publics et autant de collaborations avec les différentes
communautés artistiques de la région, et jai
nommé : la musique, la danse, le cinéma. Ainsi, ils
pourront se glisser plus facilement à lintérieur,
sapprivoiser, se métisser pour le plaisir des passants
les plus curieux.
TORONTO
PUPILLES GUSTATIVES
Lara Levenson
GALERIE GIBSONE JESSOP
4 DISTILLERY LANE, 55 MILL STREET
TORONTO
TÉL.: (416) 360-6800
www.gibsonejessop.com
PROPRIÉTAIRE: DEREK JESSOP
GUO HUI XIAO, VALERIE ZWART, MARILYN MCAVOY, IWONA ABRAMS, SALVATORE
FIORELLO, ALLISTER FOSTER, CAROLINE LIST, NICK ARCHER, WILHELM FINGER,
PEREGRINE HONIG, CHARLES GREEN ET LYNDELL BROWN, JAMES MCGRATH,
LESLIE PARKE, JENNY POCKLEY, NINA STEN-KNUDSEN, MITCHELL WIEBE
Située dans le très touristique, mais non moins charmant
Distillery District, la galerie Gibsone Jessop sest investie
de tout un mandat. Faire découvrir au public canadien des
artistes exclusivement internationaux. Son directeur, Derek Jessop,
voyage partout en Europe, en Australie, et un peu aux États-Unis
pour découvrir des artistes, connus, mais pas trop, prometteurs,
mais pas débutants et surtout qui ont «une voix authentique».
Ouverte depuis novembre 2003, la galerie représente une petite
vingtaine dartistes qui exposent tous pour la première
fois au Canada. Vous ny trouverez pas de photographie ni dart
conceptuel, Derek ny croit pas. Il choisit ses toiles selon
des critères très stricts: une technique éprouvée,
une excellente connaissance de lhistoire de lart, une
grande originalité et surtout un élément de
surprise. Surprenantes, en effet, sont les oeuvres du Chinois Guo
Hui Xiao, qui mélange Renaissance florentine, fonds pastel,
corps disproportionnés, détrempe à loeuf
et peinture à lhuile pour créer un univers ludique.
TORONTO
UNE MINE DOR À PETITS PRIX
Lara Levenson
ART INTERIORS
446, SPADINA ROAD, SUITE 205
TORONTO
TÉL.: (416) 488-3157
PROPRIÉTAIRES: LISA DIAMOND ET SHIRA WOOD
DIONNE SIMPSON, NANCY KEMBRY, CYBELE YOUNG, CARL BEAM, J.J. LEE
En ouvrant cette galerie, il y a 11 ans, les deux jeunes propriétaires
sétaient donné comme objectif doffrir
des tableaux qui seraient accessibles et abordables. Leur credo
: « Acheter une oeuvre originale ne doit pas nécessairement
être motivé par un investissement. On peut le faire
par pur plaisir. » Mission accomplie ! On trouve dans cette
caverne dAli Baba, perchée au 2e étage dun
édifice du très chic Forest Hill Village, une vaste
sélection de peintures, de collages, de photographies choisis
avec goût et à des prix variant entre 35 et 4 000 dollars.
Quelque 1 500 artistes, exclusivement canadiens, y sont exposés.
Certains sont tout jeunes, dautres plus établis. Ici,
toutes les toiles sont présentées en vrac et il faut
saccroupir, se pencher, se hisser, chiner, fouiller, pour
dénicher loeuvre qui viendra donner vie à son
mur ou à celui de ses amis. Lendroit est, en effet,
un petit paradis pour celui qui veut troquer les traditionnels bouquet
de fleurs ou boîte de chocolats, pour un cadeau unique et
personnalisé. En outre, la galerie offre également
un service dencadrement sur place, utile pour repartir avec
son petit bijou sous le bras.
N° 198, printemps 2005
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