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N° 205, hiver 2006-2007
[ D O S S I E R ] P H O T O G R A P H I E S
DUALITÉS
Bernard Lévy
ONT PARTICIPÉ À LA RÉDACTION
DU DOSSIER PHOTOGRAPHIES
FRANÇOISE BELU
LINE DEZAINDE
CHRISTIANE FORESI
KAROLINE GEORGES
LIONEL MARTIN
MARIE CLAUDE MIRANDETTE
RENÉ VIAU
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L’UNE DES GRANDES RICHESSES DE LA PHOTOGRAPHIE
CONSISTE À S’AMALGAMER AVEC D’AUTRES TECHNIQUES DE PRODUCTION
ET DE REPRODUCTION D’IMAGES, VOIRE DE S’IMMISCER PARTOUT OÙ IL Y A ART ET FORCÉMENT PARTOUT OÙ IL Y A ART VISUEL.
Contrairement à ce que de nombreux artistes auraient pu craindre, l’arrivée des technologies de traitement numérique des images n’a pas rendu caduque et n’a donc pas éliminé la photographie traditionnelle résultant de l’impression d’une pellicule sensible à la lumière. On en aura de multiples preuves en parcourant le dossier Photographies. Simplement, le numérique déploie aujourd’hui avec succès ses capacités particulières qui lui confèrent son autonomie. Mais bien souvent, il sert de complément plutôt que de rehaut à des procédés (photographies, estampes, peintures) de production d’images. On en verra quelques aspects. Mais ce ne sont pas les seuls où la photographie exploite l’équivoque de ses propriétés et de ses complicités avec d’autres supports.
Il nous a paru intéressant d’observer auprès de quelques artistes certains exemples d’hybridités, de métissages, de mixités qui ont la photographie pour substrat. Nous avons pris ces notions autant au propre qu’au figuré. Nous les avons déclinées sous le thème des dualités.
L’occasion était belle, tout d’abord, de rendre hommage à Angela Grauerlholz, lauréate du prix Borduas 2006, dont l’œuvre photographique interroge le temps et s’inscrit dans la mémoire. Il n’est pas fortuit de remarquer aussi pour lire ses images que l’artiste pratique également l’installation et le graphisme.
L’exposition 2 x 3 constitue un bon prétexte à confrontation. Ainsi «s’affrontent» trois artistes de Laval et trois artistes de Longueuil: le nord contre le sud si l’on prend pour axe Montréal. Au discours politique de Tristan Fortin LeBreton répond le murmure intimiste de Christiane Joly; à la fiction scientifique de Gilles Prince, s’accorde la réflexion postmoderne de Mathieu Lévesque ; tandis que Dominique Paul invente des créatures mi-humaines mi-animales, Marc Laforêt, lui, fait parler des objets usuels.
Dualités, duplicités: les mains tendues de Luce Pelletier servent-elles de leurres?
Dualités, ubiquités : les paysages doubles de Frank Michel sont-ils des Jardins voyageurs?
Dualités, ambiguïtés: que peut-il y avoir de commun entre les photographies de modèles réduits pour enfants de Toni Hafkensheid et les clichés de dispositifs de surveillance de Thomas Kneubühler? Dans les deux cas, s’agit-il de montages? Ou alors quoi de plus surprenant encore?
Dualités, picturalités: sur ses surfaces picturales, Bernard Paquet insinue ses photos numériques à moins que ce ne soit l’inverse.
Enfin, comble de scientificité, Marie-Jeanne Musiol propose de voir la lumière comme personne ne l’a jamais photographiée.
N° 205, hiver 2006-2007 |