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N° 206, printemps 2007
[ E N T R E V U E ]
DAVID ALTMEJD
LE RENDEZ-VOUS DE VENISE
Bernard Lévy
EN EXCLUSIVITÉ POUR VIE DES ARTS, DAVID ALMEJD A OUVERT LES PORTES
DE SON ATELIER DE NEW YORK OÙ IL CONÇOIT L’IDÉE D’UNE VOLIÈRE COMPOSÉE DE DEUX
SCULPTURES MONUMENTALES THE INDEX ET THE GIANT 2, PIÈCES QUI OCCUPERONT LA TOTALITÉ DU PAVILLON DU CANADA À LA BIENNALE DE VENISE 2007 (10 JUIN - 21 NOVEMBRE 2007).
AU MOMENT DE MA VISITE (FÉVRIER), LES OEUVRES ET LEURS DIVERSES COMPOSANTES
N’EN ÉTAIENT ENCORE QU’AU STADE DE L’ÉLABORATION.
PROJET DE LA GALERIE DE
L’UQAM ET DE LOUISE DÉRY
SANS SOUSTRAIRE LE MOINDRE MÉRITE À L’ARTISTE DAVID
ALTMEJD, IL CONVIENT ICI DE MENTIONNER QUE C’EST
LE PROJET DE LOUISE DÉRY, AGISSANT À TITRE DE
COMMISSAIRE, DÉPOSÉ PAR LA GALERIE DE L’UNIVERSITÉ
DU QUÉBEC À MONTRÉAL DONT ELLE EST LA DIRECTRICE,
PROJET AUJOURD’HUI DÉNOMMÉ DAVID ALTMEJD. THE
INDEX, QUI A ÉTÉ RETENU PAR LE CONSEIL DES ARTS DU
CANADA POUR OCCUPER LE PAVILLON DU CANADA À LA
BIENNALE DE VENISE 2007. QU’UNE GALERIE UNIVERSITAIRE
DE MODESTE ENVERGURE AIT ÉTÉ CHOISIE
CONSTITUE UN PHÉNOMÈNE RELATIVEMENT RARE ET DONC
DIGNE D’ÊTRE SOULIGNÉ.
LOUISE DÉRY A PUBLIÉ, EN 2006, UN PREMIER OUVRAGE
MONOGRAPHIQUE INTITULÉ DAVID ALMEJD ; IL ÉCLAIRAIT
L’EXPOSITION QUI AVAIT EU LIEU À LA GALERIE DE L’UQAM;
CETTE PUBLICATION ACCOMPAGNE LA TOURNÉE CANADIENNE
DE L’EXPOSITION DAVID ALMEJD. UN SECOND
LIVRE QUI AURA POUR TITRE DAVID ALTMEJD. THE INDEX
TRAITANT DE L’EXPOSITION DE VENISE SERA DISPONIBLE
À LA GALERIE DE L’UQAM DÈS LE MOIS DE JUIN. |
Pour concevoir et réaliser les oeuvres
destinées à la Biennale de Venise, David
Altmejd s’est retranché dans son atelier de
New York. C’est là qu’il me reçoit au milieu
des éléments des sculptures qu’il élabore,
secondé par trois assistants, au milieu aussi
d’un vacarme qui témoigne de l’entrain des
travaux : on cloue, on scie, on perfore allègrement
et presque sans répit. Le local est
vaste : approximativement 300 mètres carrés.
Il n’occupe pourtant que le tiers du huitième
étage d’un ample bâtiment de brique qui se
dresse parmi beaucoup d’autres au coeur d’un
des quartiers industriels de Long Island ; en
outre, ses fenêtres donnent sur les voies
ferrées surélevées où, tout au long de la
journée, à intervalle de moins d’une minute,
le passage assourdissant des trains fait
trembler tout le voisinage. Un véritable enfer
que partagent notamment les ouvrières des
divers ateliers de confection des alentours.
Dans ces lieux, il faut parler fort pour se
faire entendre.
L’artiste, entrepreneur de terrain ou chef
de chantier, me montre, épinglé sur un
panneau, le plan du bâtiment qu’il se propose
d’investir. Il l’a déjà visité. Il s’agit d’un
édifice en forme de demi-lune, un demipolyèdre
cylindrique (une sorte de diadème)
composé de quelque huit ou dix pans de murs
dont la hauteur d’environ cinq mètres à une
extrémité, croît jusqu’à six ou sept mètres,
au centre, et revient à cinq mètres à l’autre
extrémité.
J’effectue un premier tour de l’atelier. Un
espace est occupé par des oiseaux: divers
établis servent à les fabriquer et des supports
dont les embranchements rappellent ceux
des arbres, servent à les poser. Il y a beaucoup
de volatiles (deux cents, trois cents ;
peut-être davantage) ; les tailles et les espèces
sont variées. Et puis, je remarque que certains
spécimens sont des oiseaux inventés par
l’artiste.
Dans un autre espace, disséminés
au-dessus d’un socle qui rappelle un caisson,
prolifèrent les éléments d’une pièce où
s’entremêlent et se juxtaposent sur différents
paliers séparés par des petits escaliers, des
filaments de métal, des touffes de fourrure,
des ossements, des cristaux, des lames miroitantes … Ces éléments sont ceux dont
se sert couramment l’artiste depuis quelques
années: ils sont constitutifs du vocabulaire
visuel qui le singularise et qui a le plus retenu
l’attention de ses publics.
Dans un troisième espace, un caisson,
vertical celui-là, préfigure une grotte où
stalactites et stalagmites entretiennent un
dialogue aussi fraternel qu’immémorial.
POUR QUE L’ON ME REMARQUE
Enfin, dans un quatrième espace, David
Almejd me présente, tout recouvert de plaques
de mousse synthétique, assis ou à demi
couché, le géant. « Enchanté de faire votre
connaissance, monsieur !»
Je demande à David
Altmejd pourquoi il
fabrique des géants.
Il me donne une série
d’explications qui
touchent la mythologie,
la nature, la force…
Et puis, il me livre
cette confidence: «Vous
savez, quand j’étais
enfant et, un peu plus
tard, adolescent, lorsque
je me comparais à mes
amis et à mes camarades
d’école, je me
trouvais plutôt petit.
Personne ne me remarquait
jamais. Voilà
pourquoi j’ai élaboré
des sculptures de
géants : pour que l’on
me remarque.»
On l’a remarqué, en
effet, au point que
le personnage du géant
soit devenu la figure
emblématique des
créations de David
Altmejd, celle à laquelle
on l’associe le plus
volontiers. En tout cas,
l’artiste voit grand. De
plus en plus grand
même. En une dizaine d’années, il s’est
progressivement distingué par la taille souvent
impressionnante et désormais presque
monumentale de ses oeuvres. Et par leur
complexité aussi qui tient à un vocabulaire
visuel riche de symboles et jouant sur le
registre des dualités: monstrueux/fascinant,
horrible / beau, organique/ synthétique,
attractif / répulsif, archaïque /moderne,
actuel / futur, etc.
Ce serait une erreur de penser que
l’oeuvre en cours de production se compose
de trois ou quatre parties ou bien qu’elle
serait assimilable à une installation. Encore
que, sur ce dernier point, l’artiste convienne
que la frontière entre sculpture et installation
soit floue. Cependant pour lui le choix est
clair : « Je conçois et je réalise une sculpture
dont la direction générale est horizontale.»
Il s’en tient à la définition première de la
sculpture : un objet autonome que l’on peut
observer en tournant autour. Il admet du
même souffle qu’elle puisse, comme l’installation,
être constituée de plusieurs éléments.
Il précise néanmoins qu’à ses yeux, dans une
sculpture, les éléments, bien qu’ils soient
parfois dispersés, sont reliés entre eux. Dans
son cas, ils sont reliés selon leur importance
par des chaînes d’or ou encore par des
passerelles voire des traverses sous et sur
lesquelles les visiteurs vont devoir passer.
UNE IMMENSE VOLIÈRE
Il est temps donc de saisir le projet dans
son ensemble. «Ce que je prépare, ce que
j’élabore en ce moment, déclare David
Altmejd, c’est une immense volière. » Et voilà
pourquoi tout un espace (un bon quart sinon
un tiers de l’atelier) est consacré à la
confection d’oiseaux. « Il y en aura peut-être
plusieurs milliers », estime l’artiste. Partout
autour de moi, en effet, je vois sagement
alignés, simplement rassemblés ou déjà
perchés sur de futurs arbres ou des grilles,
des oiseaux de toutes tailles et de toutes
natures : petits oiseaux empaillés, grands
rapaces à structures de mousse synthétique,
de métal ou de plâtre… «Certains, indique
David Altmejd, auront la particularité, d’avoir
des yeux humains, je veux dire des yeux
qui servent habituellement de prothèses
humaines et que réalisent les ocularistes.»
L’artiste m’en montre quelques échantillons.
Oui, partout dans cette partie de l’atelier
reposent moineaux, fauvettes, colibris,
rouges-gorges, éperviers, faucons, aigles,
hiboux… Et puis aussi des oiseaux inconnus,
inventés. «Pourquoi pas?» me lance l’artiste
devant mon étonnement. Il attire mon attention
sur un objet en plâtre où je distingue un
oiseau entièrement composé de moulages des
mains de l’artiste. « Il sera coulé dans le
bronze, me signale-t-il, comme un certain
nombre d’autres oiseaux imaginaires. » Et
puis, c’est presque sans surprise que je
m’approche d’un groupe d’hommes à tête
d’oiseau. Ils sont debout, vêtus d’élégants
complets de cuir.
Il est trop tôt pour savoir quelles interactions
précises animeront tous les acteurs
de cette ménagerie emplumée. Seront-ils
menaçants et hostiles ou, au contraire,
accueillants et conviviaux? Je n’interroge pas
l’artiste à ce sujet; je respecte ici le processus
de création qu’il m’accorde le privilège
d’entrevoir un peu. Je me contente d’observer
qu’à Venise tout va tourner autour des oiseaux,
tout va compter: de leur originalité et du soin
que l’artiste attribue à leur confection, au
bonheur de leur distribution dans le pavillon.
Ne constituent-ils pas la raison d’être de la
volière? Certes, mais...
BAROQUE, CHAOTIQUE
…Mais il faut compter aussi avec le corps
de la sculpture. Et nous voici, David Almejd
et moi, devant le grand plateau (comme au
théâtre) qui repose sur un solide socle que
l’on peut considérer comme un caisson,
une grosse boîte, l’assise d’un
autel ou le tombeau d’un personnage
important (saint,
demi-dieu, prince…). Je
l’inspecte en en faisant
respectueusement le
tour plusieurs fois.
Je vois bien que l’oeuvre est en cours de
production. Elle se compose de fragments
humains et animaux (têtes, troncs, membres,
mains, pieds) blessés ou en voie de décomposition.
Ces vestiges sont désormais familiers
pour qui fréquente les sculptures de David
Altmejd : gueule de loup étrangement proche
d’un crâne anthropoïde, fourrure animale
(poils et crins), ossements de type humain.
S’ajoutent lichens, mousses, champignons...
Ces restes organiques se mêlent à des
fragments minéraux: cristaux, tiges de verre,
lames de miroir, plaques d’acier… Reconstitution
d’un tohu-bohu ? Vestiges d’un
charnier? Dans cet univers baroque somptueusement
chaotique, David Altmejd n’évite
pas toujours l’écueil des allégories ni leur
grandiloquence.
La symbolique de la métamorphose saute
aux yeux; l’artiste la commente simplement :
«La mort n’est pas la mort puisqu’elle permet
aux chairs et aux charpentes osseuses animales
de poursuivre leur vie autrement, selon
le mode de croissance des coraux ou des
cristaux. La vie donc se prolonge dans l’éclat
du verre et des pierres précieuses : améthyste,
jaspe, émeraude, saphir…».
Irrésistiblement mon regard va et vient
des restes quasi putrides de ce qui a été un
loup-garou (personnage
mythique mi-loup mihomme)
aux sombres
reflets des miroirs
et des cristaux. Je
retrouve l’atmosphère
de certaines oeuvres
antérieures soit une situation
où je me sens attiré par le
spectacle étalé ainsi devant
moi: la mort est un spectacle
fascinant qui ne finit jamais
d’attiser la curiosité comme s’il y
avait quelque chose de définitif à
apprendre. En même temps, je suis
partagé entre l’aversion et même
l’horreur que suscitent la vue d’un
cadavre et le très fort désir de n’y
percevoir qu’un passage (c’est d’ailleurs
le mot qu’emploie David Altmejd), un passage vers sa métamorphose. Pour éviter toute équivoque, l’artiste prend soin
d’ajouter : « Je ne crois pas à la vie après la
mort. » En effet, il croit plutôt à la transfiguration
des choses ce qui est le propre
de l’art avec son cortège d’infini, de vérité,
de mystère...
Une passerelle va relier la plateforme
du loup-garou (élément horizontal de la
sculpture globale) à la grotte (verticale) où
se nichent, là encore, des excroissances
minérales (stalactites et stalagmites). Mais,
cette fois, ce sont des formes qui expriment
le creux, la cavité, l’emboîtement, le refuge,
le nid que propose l’artiste. Il va y mettre en
scène ses oiseaux, bien sûr, mais, une fois
de plus, reliques et reliquats, dépouilles et
ossuaires sous des jeux d’éclairages qui, à
l’inverse de la plateforme du loup-garou où
tout est immédiatement visible de l’extérieur
et répond à une curiosité spontanée, forceront
le visiteur à faire preuve d’esprit d’exploration
voire d’investigation. Mais surtout la grotte
invite le visiteur à entrer dans la sculpture,
éventuellement à s’y lover, à s’y sentir comme
un élément de l’oeuvre, un élément interne et,
selon le point de vue, parasite ou symbiote
momentané.
LE BON GÉANT
Enfin, nous passons dans la salle où le
géant sommeille, à demi étendu, au sol. S’il
est dans une telle position, c’est que le
plafond n’est pas assez haut pour qu’il se
tienne debout. « Cette contrainte n’en est pas
une, se réjouit David Altmejd, puisque la
posture semi-couchée s’adapte parfaitement à
mon concept de sculpture horizontale. »
Contrairement au loup-garou à la fois humain
et animal, personnage effrayant et qui, probablement
à tort, inspire la crainte (comme King
Kong), le géant, chez David Almejd, est un bon
géant. Il concentre sur sa seule personne la
métaphore de la nature nourricière et régénératrice
et le mythe du surhomme, première
figure pensante de la Création si l’on prête foi
aux innombrables mythes et légendes qui
fondent cet archétype. Figure de la révolte
aussi contre le dieu ou les dieux qui l’ont créé.
Le géant sera scindé en deux. « Il n’en
sera que plus grand », juge David Almejd. «Il comportera des cavités où des oiseaux
pourront se nicher.» Son géant fait ainsi écho
à la grotte et au concept d’espace intérieur,
espace où l’on peut se cacher, où l’on peut
dissimuler des choses et surtout lieu du vide
(lieu de l’âme ?) destiné à accueillir l’autre,
l’inattendu. Il convient dès lors de s’attarder
sur deux objets fétiches de l’artiste : le miroir
et le labyrinthe.
Des miroirs, il y en aura partout mais les
plus grands tapisseront les murs du pavillon
du Canada. Ainsi le visiteur se percevra en tant
que personne circulant autour d’une sculpture
; il se percevra aussi comme élément
vivant de la sculpture. Ici, la tentation serait
forte de se limiter à considérer l’initiative de
l’artiste comme un moyen élégant de concilier
les deux concepts qui lui sont chers : intériorité
et extériorité. Ce serait réducteur. Son
ambition est plus grande, plus démesurée.
En effet, l’image que renvoie le miroir n’est
pas neutre, elle reflète le sentiment qui détermine
l’attitude du visiteur en interaction avec
l’oeuvre : aversion ou jouissance, curiosité ou
indifférence, satisfaction ou frustration. Certes
il s’agit d’images plus ou moins nettes – au
propre comme au figuré – elles expriment
des dualités : l’envers de la personnalité, le
dédoublement, l’ennemi... Ces caractéristiques
s’appliquent aux autres visiteurs, tous
ces autres qui se ramènent à l’image globale
de l’Autre, pas neutre non plus, puisqu’il est
certainement autre que ce que j’en vois et
plus autre qu’il ne le montre. Démultiplié par
les jeux de miroir, le voici plus insaisissable
encore. Le miroir s’érige donc en instrument
de la métamorphose. Et bien sûr, c’est l’artiste
qui manie cet instrument.
Les effets de démultiplication et la
complexité qui s’y rattache trouvent une
application dans la construction des labyrinthes
eux-mêmes parsemés de miroirs. Ils
constituent les éléments les plus significatifs
et les plus constants de la démarche créatrice
de David Altmejd. À ce sujet, l’artiste reconnaît
avoir pour source d’inspiration principale les
récits de Jorge Luis Borgès1. « Ils répondent
au désir que je partage d’explorer et de
comprendre la structure interne du monde.»
Il se trouve que les structures du labyrinthe
sont naturelles dans la mesure où elles
s’apparentent à celles du cerveau et artificielles
puisqu’elles se présentent comme des
constructions liées à la pensée du cerveau. Les
unes et les autres supposent à la fois un sens
et la perte de repères, une énigme et sa
résolution soit le chemin vers la sortie. Dans
le labyrinthe habite un monstre (le minotaure,
par exemple); en l’occurrence, chez David
Almejd, il a les traits du loup-garou. Le
labyrinthe préfigure l’enroulement, le
repliement et le dépliement de la molécule
d’ADN mais aussi le dessin complexe d’un
circuit électronique. Toute ville, toute
architecture complexe rappellent l’espace
labyrinthique. Les modèles fourmillent. Entre
raison et intuition, entre ordre et chaos, l’artiste
creuse couloirs, tunnels, cryptes et cellules; il
érige échelles, escaliers, paliers, passerelles,
traverses; il relie ce qui semble séparé et bâtit
inlassablement une structure plurielle mais
unique, polyvalente mais unitaire.
UNE HISTOIRE
INFINIMENT À RACONTER
Les oeuvres de David Altmejd ressemblent
à des greniers ou mieux encore à des arches
de Noé. Elles débordent d’objets, de matériaux
et de spécimens vivants. La volière
prévue pour la Biennale de Venise ne déroge
pas à cette prolifération apparemment hétéroclite.
L’artiste reprend les figures qui forment
l’assise de son vocabulaire plastique. Il en fait
la synthèse mais y laisse dominer les oiseaux.
Pour orienter ou désorienter les observateurs,
il a sculpté des mains et des doigts, beaucoup
de doigts pointés en direction des oiseaux.
Devant l’éventuelle nécessité de dresser un
inventaire, il rappelle, fidèle à son esthétique
de l’ambiguïté, que le doigt qui indique la
direction s’appelle l’index d’où le titre de la
sculpture : The Index. Le même mot désigne
le répertoire grâce auquel on classe les mots
et les choses qu’il désigne. Entre taxinomie et
taxidermie, il n’est pas obligatoire de choisir :
s’identifier aux oiseaux suffira. Chaque visiteur
demeure libre d’une pièce à l’autre de la
sculpture de cheminer à son gré, de construire
son propre récit et d’en proposer une
lecture, puis deux, puis trois puis une infinité.
1 Si David Altmejd reconnaît avoir pour source d’inspiration
les récits de Jorge Luis Borgès, il n’admettrait
pas pour autant produire une oeuvre narrative. Il ne
s’agit certes nullement d’une transposition littéraire
cependant, par bien des aspects au contraire, les créations
de David Altmejd relèvent du type narratif.
NOTES BIOGRAPHIQUES
DAVID ALTMEJD EST UN JEUNE ARTISTE (IL
A 33 ANS). DIPLÔMÉ EN ARTS VISUELS DE
L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
(1998), IL S’EST FAIT REMARQUER À LA
BIENNALE D’ISTANBUL, EN 2003, PUIS À LA BIENNALE DU WHITNEY MUSEUM DE
NEW YORK, EN 2004. IL A EXPOSÉ SES
OEUVRES À MONTRÉAL À LA GALERIE DE
L’UQAM, AINSI QUE DANS LES CENTRES
D’ARTISTES SKOL, OPTICA, CLARK, B-312. |
EXPOSITION
DAVID ALTMEJD
EXPOSITION
associée à la Biennale de Montréal 2007
Galerie de l’UQAM
1400, rue Berri
Montréal
Commissaire: Louise Déry, directrice
Du 10 mai au 8 juillet 2007
David Almejd est représenté par
Andrea Rosen Gallery
525 W, 24th St
New York
Stuart Shave/Modern Art
10 Vyner Street
London E2 9DG
www.stuartshavemodernart.com |
N° 206, printemps 2007 |
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