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N° 207, été 2007
LES DÉTOURS
DE L’ÉTÉ
AUDACE, ART
,
EXPOSITIONS
ET SPECTACLES EN VUE !
ONT COLLABORÉ À CE CAHIER
FRANÇOISE BELU
JOHANE BERGERON
HÉLÈNE BRUNET NEUMAN
JEAN DE JULIO PAQUIN
BERNARD LÉVY
MARIE CLAUDE MIRANDETTE
MARINE VAN HOOF
CET ÉTÉ ENCORE DE NOUVELLES GALERIES ONT ÉLU DOMICILE OU ONT AFFIRMÉ LEUR SINGULARITÉ À MONTRÉAL ET AILLEURS. NOUS SOULIGNONS LE TRAVAIL DES GALERISTES QUI ONT FAIT LE SAUT DANS LE COMMERCE DE L’ART CONTEMPORAIN. POURQUOI NE PAS CÉDER AU COURS DE VOS PÉRÉGRINATIONS ESTIVALES À L’ENVIE D’UNE PETITE VIRÉE EN RÉGION ? PLUSIEURS MUSÉES ONT FAIT LEURS PREUVES ET PRÉSENTENT DES EXPOSITIONS ORIGINALES ET INSOLITES : PHOTOGRAPHIE, PEINTURE, THÉÅTRE, ART AMÉRINDIEN. DE JOLIETTE À PERCÉ, IL Y A DES TRÉSORS CACHÉS À DÉCOUVRIR. NOUS VOUS SUGGÉRONS MÊME UNE INCURSION AUX ÉTATS-UNIS, DANS UN COIN BUCOLIQUE DU VERMONT, OÙ LA FAMEUSE COMPAGNIE THÉÅTRALE BREAD & PUPPET A OUVERT UN MUSÉE ET FAIT REVIVRE CET ÉTÉ SES MILLE PERSONNAGES.
Raymonde April
Adrienne, 2006
Impression au jet d’encre
71 x 91,5 cm
ÉCLECTISME
Galerie Donald Browne
Art contemporain
372, rue Sainte-Catherine Ouest
Suite 524
Montréal
www.galeriedonaldbrowne.com
Propriétaire : Donald Browne
Artistes : Raymonde April, Patrick Bernatchez, Sandeep Bhaghwati, Jérôme Bouchard, Valérie Kolakis, Claudette Lemay,
Christine Major, Monique Mongeau, Ève K. Tremblay
Passionné d’art contemporain, Donald Browne, qui a travaillé dans plusieurs galeries d’art avant d’ouvrir la
sienne en août 2006, se situe dans la lignée des grands galeristes dont le modèle est pour lui Daniel-Henry Kahnweiler, célèbre marchand qui a contribué à la gloire de Picasso. Il a, d’ailleurs, acquis toutes les compétences requises en marketing pour pouvoir efficacement faire la promotion des artistes en la valeur desquels il croit, afin que ceux-ci puissent se consacrer entièrement à leur création. Ses choix sont à la mesure de ses goûts : éclectiques. Il estime qu’aucun des artistes qu’il représente n’est meilleur que l’autre, il juge plutôt que c’est ce qui les singularise qui
attire l’amateur d’art. Le visiteur verra donc dans cette galerie aussi bien les photographies intimistes de Raymonde April que les peintures baroques de Patrick Bernatchez. Conscient que le marché de l’art est peu développé à Montréal, Donald Browne propose, en parallèle aux photographies ou aux tableaux de grand format qui sont exposés sur les murs de sa galerie, des œuvres de petites dimensions dont le prix est plus accessible aux jeunes collectionneurs. Il fait également connaître le travail des artistes qu’il représente dans le reste du Canada, en particulier en participant à la Toronto Art Fair. Voici donc un « détour » qui s’impose. F.B.
Line Millotte
Bal pour une nouvelle génération, 2006
Acrylique sur toile
91 x 183 cm
UNE PASSION
POUR LES FLEURS,
DES COUPS DE CŒUR
POUR DES PEINTRES
GALERIE BLUME le savoir-fleur
4815, boul. Saint-Laurent
Montréal
Tél. : 514 543-5526
www.blumefloral.ca
Directeur : Mario Godin
Artistes : Line Millotte, Maral Garabedian
WOW ! C’est ce qu’on dit en entrant chez Blume, le savoir-fleur. Ce nom inspiré de l’allemand signifie « floraison ». Depuis son ouverture, en décembre 2006, cet atelier-boutique a gagné bien des adeptes à la recherche d’arrangements floraux étonnants. Son approche d’inspiration européenne consiste à concevoir des œuvres florales stylisées originales. Ici, on parle de design. Chez Blume, tout respire, le volume, la lumière, les odeurs, les couleurs, tout est propice à la création, à l’émerveillement et au bien-être. La passion de Mario Godin, directeur de la création originaire du Nouveau-Brunswick, est palpable et se transmet auprès des clients qui ne demandent pas mieux que de flâner, le temps de recevoir la pièce achevée. L’occasion est alors propice pour apprécier l’exposition des tableaux accrochés aux murs. Ils sont le plus souvent de style décoratif, abstraits ou figuratifs ; ils tirent leur inspiration de formes végétales. En somme, ils s’accordent à l’atmosphère ambiante et contribuent à maintenir l’effet de séduction ressenti dès l’arrivée. Mario Godin choisit les artistes
professionnels et amateurs qu’il encourage au rythme de ses coups de cœur. Il en sélectionne environ une vingtaine par année, à intervalle d’un mois et demi ou deux, il expose les œuvres de deux artistes respectivement dans l’arrière-boutique et dans le salon d’accueil.
Pour leur soirée de vernissage toutefois, les artistes doivent prévoir débourser des frais de location de 1 000 $. De plus, 10 % sur les ventes seront prélevés. Outre les artistes, les personnes intéressées par ce
site exquis peuvent également louer l’espace pour y organiser des événements. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un commerce et que sa fonction première est mercantile. Beauté exige. J.B.
Adèle Bruneau
La lettre, 2004
Linogravure et techniques mixtes
51 x 33 cm
UNE JOLIE GALERIE ÉPHÉMÈRE À LA SORTIE DU MARCHÉ MAISONNEUVE
GALERIE D’ART LALIBERTÉ
Art contemporain sous toutes ses formes
4375, rue Ontario Est / Marché Maisonneuve
Tél. : 514 872-1645
Heures d’ouverture : J-V / 13 h à 19 h
et S-D / 13 h à 17 h
Métro Pie IX, autobus 139 Sud jusqu’à Ontario, direction vers l’Est à 5 minutes de marche.
Directeur artistique : Serge Marchetta
Liste des exposants programmation été 2007 :
ADÈLE BRUNEAU, LAPRAIRIE ;
LILLIANNE DAIGLE, MONTRÉAL ;
GIANNI GAMBA, LE BIC, QUÉBEC ; MYLÈNE GERVAIS, TROIS-RIVIÈRES ; FRÉDÉRIQUE GUICHARD, TROIS-RIVIÈRES ; PIERRE MARTIN, MONTRÉAL ;
HÉLÈNE MATTE, QUÉBEC ;
SYLVAIN ROY, Lévis
Face à la grande place du Marché Maisonneuve où trône « La fermière » d’Alfred Laliberté, les résidents du quartier Hochelaga-Maisonneuve et les amoureux des marchés publics peuvent découvrir, chaque été, depuis 2004, le travail d’artistes professionnels québécois à la petite galerie portant le nom de l’illustre sculpteur : la galerie d’art Laliberté. Son directeur, Serge Marchetta, également artiste, s’est donné pour mission d’initier graduellement le public à l’art actuel et contemporain sous toutes ses formes. Sans créneau précis, Serge Marchetta privilégie toutefois les expositions thématiques en fonction d’un sujet ou d’un médium : « J’organise des rencontres entre les artistes et le public durant les week-ends afin de susciter les échanges et démystifier l’art. » En cette quatrième année, les visiteurs saisonniers pourront apprécier les œuvres de huit artistes. Il s’agit d’estampes traditionnelles ou de productions usant de techniques mixtes.
Avec sa configuration en « L » pour Laliberté – quel charmant hasard ! – l’espace est doté d’une large fenestration mettant en valeur une vingtaine d’œuvres temporaires. C’est ainsi qu’un premier collectif de quatre artistes s’installera durant les cinq premières semaines à partir de la fin juin ; il sera suivi par un autre jusqu’à la fermeture prévue à la Fête du travail. Né d’un partenariat entre le Centre communautaire de l’Est de Montréal (CCSE) et la Maison de la culture Hochelaga-Maisonneuve, le projet permet aux artistes de bénéficier d’un cachet accordé en vertu des normes reconnues par la Ville de Montréal pour des espaces de diffusion culturelle. Des ateliers de création sont également offerts par le CCSE pour les enfants de 6 à 10 ans inscrits au camp de jour. Les dessins d’environ 140 enfants exécutés en fonction de la thématique annuelle seront exposés lors d’un vernissage spécial parents / enfants. Après avoir déambulé à travers les stalles et vous être imprégné de la fébrilité du marché Maisonneuve, laissez-vous porter jusqu’à cette jolie galerie de quartier à l’esprit communautaire. Serge Marchetta se fera un plaisir de vous y accueillir. J.B.
UNE MISSION : LE MENTOR-AR
GALERIE ESPACE DES ARTS DU FEU
Objets d’art, sculptures, œuvres murales
1000, rue de la Gauchetière Ouest
Niveau MZ-300
Montréal
Tél. : 514 395-4839 ou 514 825-4231
www.artsdufeu.org
Heures d’ouverture : Mardi à vendredi : 12 h – 18 h
Métro Bonaventure
Directeur artistique : Denis Simoneau
Artistes représentés : Luc Archambault, sculpteur, peintre, céramiste ; Claudia Bernal, graveure ;
Jean-Michel Cropsal, encaustique ;
Nathalie Ducharme, sculpteure, céramiste ; Josée Drouin, potière ;
Jean-Louis Émond, sculpteur ;
Bettina Forget, peintre
Artistes mentors : Michel Dallaire,
Susan Edgerly ,
France Fauteux ,
Chantal Gilbert,
Audery Killoran ,
John-Paul Robison,
Jan Stohl,
Ynes St-Pierre,
Catherine Villeneuve,
Artistes Mentorés :
Meghan Price,
Vanessa C. Yanow,
Anne-Marie Nurrowes,
Sophie Bélanger,
Adèle Reeves,
Annie Cantin,
Christina Mayr,
Jose De La Flor,
Pierre-Yves Paquette
Jean-Louis Émond
Buste d’Émile Nelligan
Œuvre en bronze / finition patines
Édition limitée 10 / 10
58 x 40,6 x 30,4 cm
Accessible seulement en semaine du mardi au vendredi de 12 heures à 18 heures, la galerie Espace des Arts du feu se distingue par son lieu de diffusion inusité et sa double mission : développer la mise en marché des œuvres dans les domaines des métiers d’art, du design et des arts visuels, ainsi que soutenir l’amélioration des compétences de la relève par la gestion d’un programme Mentor-Art en jumelant des artistes chevronnés à de jeunes talents, afin de favoriser le transfert des connaissances et conjuguer la commercialisation de leurs créations.
Cette idée originale a germé longtemps dans l’esprit du directeur artistique de la galerie et fondateur des Arts du feu, Denis Simoneau. Le concept a finalement pris forme en 2004 grâce au soutien financier de grandes corporations et de partenaires de services comme la Société immobilière Trans-Québec (SITQ) qui a notamment fourni un magnifique espace pour faire vivre ce projet original de création – exposition – diffusion. Depuis l’escalier roulant vers la mezzanine, notre regard est ravi par la beauté du lieu. On s’empresse d’entrer voir de plus près les objets d’art qui sont disposés avec goût dans la spacieuse galerie nichée au cœur d’une ancienne banque du prestigieux 1000 de la Gauchetière, en plein centre-ville. Deux programmes de mentor-arts et 20 compagnonnages plus tard, Denis Simoneau poursuit ses efforts afin d’obtenir le financement nécessaire pour réaliser les prochains mentorats artistiques. Pour sa campagne de levées de fonds actuelle, il propose à des entreprises mécènes d’acquérir un buste en bronze coulé en hommage à l’illustre poète Émile Nelligan et conçu par l’artiste québécois Jean-Louis Émond. L’idée étant de le consacrer comme célébrité québécoise de la poésie en immortalisant sa mémoire par l’installation de cette œuvre sur l’emplacement de lieux divers dans un hall, un édifice, un jardin privé. Ne s’arrêtant pas là, il porte l’idée fédérative plus loin afin de convaincre la Ville de Montréal d’ériger l’œuvre sur le lieu même de la naissance du poète au 602, rue de la Gauchetière, aujourd’hui devenu un jardin-terrasse. Si vous êtes intéressé à la noble mission d’une des rares galeries de Montréal offrant des objets d’art, commencez par aller la découvrir à l’heure du lunch ou de la pause. Au-delà du mentorat et des œuvres axées sur les arts du feu, vous pourrez apprécier le travail d’un collectif d’artistes peintres contemporains. J.B.
L’Espace B-51
Vue de l’extérieur
Photo : Gilbert Brouillette
L’ESPACE
THÉÂTRALITÉ
Espace B51
Art contemporain
51, rue Saint-Paul Ouest
Montréal
Tél. : 514 510-8364
www.espaceb51.com
Propriétaire : Brian Brisson
Artistes représentés : Martin Rondeau, photographie ; Éric Lapointe, sculpture ; Zane, peinture à l’encaustique
L’Espace B51, qui a ouvert ses portes en mai 2007, représente l’aboutissement de vingt ans de carrière pour Brian Brisson qui est aussi propriétaire de la Galerie Saint-Dizier et de la Galerie Le Royer. Il reflète l’évolution des goûts du galeriste qui est attiré maintenant par des formes d’art plus contemporaines. Mais Brian Brisson est conscient aussi qu’elles représentent un marché potentiel, puisque l’art actuel se vend très bien dans les galeries new-yorkaises. Or, les touristes américains sont nombreux, pendant la saison estivale, dans le Vieux-Montréal. Les immenses murs blancs se
prêtent d’autant mieux à l’exposition d’œuvres à la fois provocantes et séduisantes que des panneaux mobiles modulent l’espace en le théâtralisant. L’impression de mise en scène s’accroît encore lors des vernissages, véritables événements animés par un DJ qui officie sur une estrade devant des rideaux de velours noir.
Le galeriste réserve un petit espace clos au fond de la galerie aux projets les plus novateurs de l’artiste qui a son exposition individuelle dans la grande salle. Les installations aussi éphémères qu’invendables y sont bienvenues. La première exposition est consacrée à Martin Rondeau, un jeune photographe qui découpe des images numériques en bandes d’égale largeur puis les tisse, déstructurant ainsi son sujet au point que certaines œuvres frôlent l’abstraction. La photographie n’est pas le seul médium que Brian Brisson compte présenter. Sculpture et peinture auront aussi droit de cité dans ce magnifique espace. FB
ART SANS FRONTIÈRES
Galerie Pangée
40, rue Saint-Paul Ouest
Montréal
Tél. : 514 845-3368
margot@galeriepangee.com
« La galerie Pangée tire son nom, explique Pierre-Laurent Boullais, son directeur, du continent unique qui, il a quelque 200 millions d’années formait la terre. » Il indique par là l’ambition de faire de cet espace situé au cœur du Vieux-Montréal un lieu de rencontre internationale et interdisciplinaire.
Zhang He
Nez au vent, main dans les poches :
ma rêverie érotique, 2007
Huile sur toile
2,13 x 2,13 m
Ouverte en juin 2006, la galerie Pangée s’est immédiatement fait remarquer avec une exposition d’œuvres de Jean Dubuffet. Elle compte d’autres maîtres qui font partie de l’histoire de l’art moderne : Erro, Jean-Paul Riopelle. Mais surtout s’y côtoient des artistes qui proviennent d’un peu tous les horizons : Amérique du Nord, Amérique latine, Asie, Europe. Pour le moment c’est ce qui distingue le plus cette galerie à Montréal. Si l’on trouve des installations et des vidéos, la peinture reste la discipline privilégiée par le galeriste.
Pierre-Laurent Boulais est bien conscient des risques qu’il prend. C’est pourquoi c’est en partenariat avec des galeries européennes qu’il s’emploie à faire de sa galerie le nœud d’un réseau d’art contemporain international. Les expositions qu’il a organisées au cours de sa première année ont obtenu d’emblée un certain succès. Parallèlement, il offre un service de conseil dans le but d’éclairer et de fidéliser sa clientèle. « Il est important d’établir et de consolider les liens entre les artistes et les collectionneurs actuels ou futurs, affirme-t-il. »
Au cours de l’été, la galerie Pangée offre un éventail des œuvres des artistes qu’elle représente. À l’automne et au printemps se succèdent les expositions individuelles ou thématiques. Enfin, il est possible de louer temporairement l’espace de la galerie.
Jean-Paul Riopelle retouchant
Oie aux herbes sauvages
L’ART DES PREMIÈRES NATIONS
La Maison amérindienne
510, montée des Trente
Mont-Saint-Hilaire
Tél. : 450 464-2500
www.maisonamerindienne.com
Fondateur et directeur : André Michel
Érigée par la fondation USHKET-André Michel, La Maison amérindienne constitue un lieu essentiel pour celles et ceux qui veulent découvrir l’art des premières nations. Cet organisme présente des expositions d’art contemporain autochtone et métis mais aussi des manifestations traitant de traditions amérindiennes comme l’exploitation agricole ou la fabrication d’outils. Des ateliers et des conférences sur l’art autochtone
complètent la programmation. Une fois par an, le Centre invite un artiste à exposer un travail dont le contenu s’inspire de la tradition amérindienne notamment sur le plan iconographique.
L’un des points forts de ce centre d’exposition et d’interprétation est son programme d’animation destiné à un public scolaire. À l’aide d’objets et d’outils traditionnels, de cartes géographiques, de tableaux et d’images numérisées, les élèves reçoivent une information inédite sur l’histoire des Amérindiens. Un spectacle intitulé La rencontre des deux mondes est également offert.
Il est intéressant de constater qu’avant l’arrivée des premiers Européens, les Amérindiens fréquentaient les sommets du mont Saint-Hilaire certes pour sa flore et sa faune mais aussi pour y offrir des sacrifices à leurs divinités. Ils admiraient aussi le point de vue sur la rivière Iroquois, aujourd’hui nommée Richelieu. Cette anecdote est l’une des nombreuses révélations que vous réserve La Maison amérindienne lors de votre prochaine visite. J.J.P.
Figures du Bread and Puppet Theater
Bread and Puppet Museum
Crédit Photo : Bread and Puppet Museum
Photo : Massimo Schuste
GÉANTES ET RADICALES :
LES 1 000 FIGURES DU
BREAD AND PUPPET THEATER
Bread & Puppet Theater
753, Heights Road
Glover
Vermont
États-Unis
Tél. : 802 525-3031 ou
802 525-1271
www.breadandpuppet.org
Visite du Musée :
Du 1er juin au 31 octobre :
de 10 h à 18 h
Calendrier été 2007 :
Horaires des spectacles :
Vendredi : 20 h (à l’intérieur) :
Du 13 juillet au 24 août. Adultes.
Dimanche :15 h (à l’extérieur) :
Du 8 juillet au 26 août. Tout public.
Beaucoup d’amateurs d’images fortes ont entendu parler du Bread and Puppet Theater et de ses marionnettes géantes qui ont sillonné le monde. Mais savent-ils que les nombreuses figures utilisées dans les performances de cette troupe américaine depuis plusieurs décennies sont exposées dans une immense grange d’un
village du Vermont et accueillent des visiteurs durant tout l’été ?
Les marottes et masques géants qui emplissent complètement l’édifice plus que centenaire ont servi aux innombrables spectacles présentés par la compagnie Bread and Puppet depuis sa création. Faites de papier mâché, hautes en couleur, les figures présentent des faciès grotesques parfois bonhommes, parfois terrifiants, dont les formes brutes évoquent les tableaux expressionnistes ; il faut les imaginer dans leur contexte original lorsque les acteurs manipulent leurs tiges et leurs cordes ou les « habitent » tout simplement pour les faire avancer. Certaines réapparaissent dans certains spectacles organisés par la compagnie. Elles sont l’œuvre du sculpteur et danseur d’origine allemande Peter Schuman qui a émigré à New York avec sa famille en 1962. Motivées par son engagement social et politique (exprimé entre autres par l’opposition à la guerre du Vietnam), les performances du Bread and Puppet Theater ont pris dès le début la forme d’un théâtre vivant et collectif proche de la procession, de la parade de cirque et du carnaval, théâtre auquel le public est fortement invité à participer. Donnant la primauté à l’action et au mouvement, accompagnés de musique et de quelques paroles, les spectacles se lisent comme autant de paraboles suggérant la lutte contre la guerre, la pauvreté et l’injustice en général. D’une grande puissance esthétique, combinant lucidité politique et poésie, ils ont fait leur marque dans le monde des grands mouvements de protestation des années 60 tout en laissant une empreinte profonde dans le monde du théâtre au point d’être invités dans tous les pays depuis leur création. Le nom de la compagnie a été inspiré à Schuman par sa conviction profonde que le théâtre est aussi essentiel à l’humanité que le pain. Traditionnellement, du pain fabriqué sur place est d’ailleurs servi à l’assistance à la fin de chaque spectacle. Les représentations du Bread and Puppet ont longtemps attiré dans ce coin bucolique du Vermont – où la compagnie a élu domicile en 1970 – des dizaines de milliers de spectateurs jusqu’à ce que Schuman décide récemment de revenir à des prestations plus modestes mais toujours collectives, présentées le vendredi soir et le dimanche après-midi durant la belle saison. L’esprit critique demeure l’image de marque de la compagnie qui, refusant toute commandite, tire ses revenus de ses représentations et de la vente d’affiches et de livres reliés à ses activités. M.V.H.
DYNAMISME ET AUDACE
CENTRE D’EXPOSITION LÉO-AYOTTE
2100, boul. des Hêtres
Shawinigan
Tél. : 819 539-1888
www.cdas.ca/?a=centreexpo
Muséologue et responsable du Centre d’exposition : Clémence Bélanger
Il n’y a pas que la Cité de l’Énergie qui se préoccupe de l’art contemporain à Shawinigan. Situé au sein du Centre des arts de Shawinigan, le Centre d’exposition
Léo-Ayotte étonne par son dynamisme et son audace. Chaque année, en plus d’accorder une place à l’art contemporain, ce centre organise des expositions
thématiques sur un pays particulier, il y présente des œuvres d’artistes professionnels et des traditions artisanales. Ces initiatives familiarisent les visiteurs avec des
productions actuelles et traditionnelles de différentes cultures tout en répondant à la vocation du centre qui est de « promouvoir et de diffuser des expositions en arts
visuels ainsi que des expositions à caractère scientifique, patrimonial et éducatif ». Pour sa programmation 2007-2008, le Centre d’exposition Léo-Ayotte proposera principalement des œuvres témoignant d’expressions artistiques gravitant autour des thèmes de la récupération et de la transformation de matériaux recyclés. Le pays en vedette sera l’ex-Yougoslavie. H.B.N
Maurice Le Bel
Percé, Rocher Percé, 1945
Aquarelle
45,7 x 60,9 cm
Collection privée
MAURICE LE BEL
UN SACRÉ TEMPÉRAMENT
Musée Le Chafaud
Maurice Le Bel – rétrospective
145, route 132
Percé
Tél. : 418 782-5100
www.musee-chafaud.com
Du 24 juin au 24 septembre 2007
Heures d’ouverture : de 10 h à 20 h
À Percé, le Musée Le Chafaud présente une première rétrospective de l’œuvre de Maurice Le Bel (1898-1963), peintre à redécouvrir, pour qui les paysages de la Gaspésie ont été une source d’inspiration. Cette exposition poursuit la mise en valeur de la vocation artistique de Percé, déjà illustrée ces récentes années par des expositions en hommage à Paul-Émile Borduas, André Breton, Kittie Bruneau, Marc-Aurèle Fortin, Yvan Goll, Lida Moser et Jean-Paul Riopelle.
L’œuvre de Maurice Le Bel est marquée par la cons|tance : fidélité à son temps et aux contraintes d’un travail assidu, mais surtout fidélité à son talent, à sa création, à sa recherche qui n’ont jamais connu d’éclipses. Dès 1924, Maurice Le Bel expose ses premières gravures aux côtés de celles d’Edwin Holgate à l’Art Association of Montreal. Instigateur de l’estampe au Québec, il venait d’achever des études à l’Art Students’ League de New York et il avait récemment obtenu du Gouvernement du Québec un certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin. Deux ans plus tard, en 1926, il se fait connaître en France. Dans La Presse du 16 novembre 1929, à propos d’une exposition consacrée au jeune peintre, l’écrivain et critique d’art Albert Laberge salue ainsi une création prometteuse : « Série d’œuvres très sincères, vivantes et d’une grande simplicité par Maurice Le Bel, l’un de nos jeunes artistes possédant le plus de tempérament. »
Avant d’assurer la direction de l’enseignement du dessin à la Commission scolaire de Montréal, Maurice Le Bel avait enseigné le dessin à temps partiel dans diverses écoles catholiques de la métropole et il avait, au gré des contrats obtenus, exercé les métiers d’illustrateur et de publiciste.
Heureusement, l’exercice de ces diverses activités n’est pas une entrave à son élan créateur. Artiste figuratif, paysagiste et portraitiste par choix, Maurice Le Bel demeure rétif à tout esprit de clan. Il ne s’associe à aucune école d’art, ce qui ne l’empêche pas d’avoir côtoyé parmi ses contemporains des peintres de réputation qui lui rendaient son estime. Encore jeune apprenti, il avait fréquenté l’atelier de Suzor Côté et il s’était lié d’une vive amitié avec Marc-Aurèle Fortin. Grâce à leurs affinités artistiques, Maurice Le Bel avait également l’admiration d’Adrien Hébert, de Louis Muhlstock et de Goodridge Roberts.
Maurice Le Bel se définirait comme un artiste d’instinct, celui qui voue spontanément tous ses temps libres à la création, non pour se distraire mais pour accomplir son destin. Il puise son inspiration là où il se trouve, par exemple dans les divers quartiers de Montréal et de ses environs. Ses thèmes préférés sont aussi variés que révélateurs des coutumes rurales et urbaines de son temps : scènes de cabane à sucre, de messe de minuit, de procession de la Fête-Dieu, de taverne… Lorsqu’il enseigne l’histoire de l’art, lesillustrations de ses notes de cours en sont de véritables abrégés. Quant à ses explorations techniques, elles se renouvellent sans cesse : aquarelle, collage, crayon de cire, encre, gouache, gravure, huile, pastel, peinture à l’émail. Dans cette veine exploratoire, on trouve même quelques toiles abstraites, toutes empreintes de lyrisme.
Les vacances scolaires d’été lui permettent de parcourir le Québec. Dès 1930, il s’éprend des sites de Charlevoix ; vers 1940, il peint ses vues de Kamouraska et du Bic ; plus tard, il visite souvent la Gaspésie. Il s’est particulièrement intéressé à Percé qu’il a immortalisé dans une série de tableaux spectaculaires.
Il manifeste une même prédilection pour les activités portuaires tant du côté de Montréal que de Bonaventure. Ici, les teintes défraîchies, les longs traits incurvés et irréguliers du bordé des barques de pêche semblent traduire la précarité de ces esquifs en bois ; là, les larges pans quasi monochromes des formes massives des cargos ventrus expriment bien l’esprit de chacun des lieux. Ici, l’aspect circulaire des tours du Vieux Fort, là, la haute et cylindrique structure du phare centenaire du Cap-des-Rosiers illustrent à souhait la fonction de l’une et l’autre architectures.
Le visage du Christ à la couronne, œuvre de 1940, véritable négation de l’imagerie saint-sulpicienne si répandue, préfigure le mouvement hippy. L’Autoportrait, œuvre de 1945, ne déparerait pas le couloir Vasari du Musée des Offices, à Florence.
Maurice Le Bel a illustré divers ouvrages d’écrivains, dont Le Secret de Lindberg de Claude-Henri Grignon. L’Esméralda, gravure de 1945, aurait pu inspirer certaines strophes des Fleurs du Mal de Charles Beaudelaire dont l’illustre vers « Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige » trouve écho dans le Coucher de soleil à Sainte-Luce-sur-mer, œuvre de 1953.
Dans Percé, Rocher Percé, aquarelle de 1958, la juxtaposition des hachures aux teintes variées de la muraille de l’illustre roc, seule véritable cathédrale de l’Amérique du Nord, atteste son indéniable effritement.
Quant au Coq à l’éclatant plumage, ce collage de 1959 serait digne de figurer aux premiers rangs de l’iconographie du volatile, aux côtés des représentations de Jean Dallaire, de Jean Lurçat et de Jean-Paul Riopelle.
Les œuvres de Maurice Le Bel se retrouvent au Musée des beaux-arts du Canada, au Musée national des beaux-arts du Québec, au Musée d’art de Joliette et pour toute la durée de la saison estivale, le Musée Le Chafaud lui rend un hommage…bien mérité !
LA PHOTO D’ABORD
Musée d’art de Joliette
14, rue Wilfrid-Corbeil
Joliette
Tél. : 450 756-0311
www.musee.joliette@citenet.net
Lisette Model
Du 20 mai au 6 août 2007
Eadweard Muybridge. L’intuition du photographe
Du 20 mai au 2 septembre 2007
Eric Simon. Portraits séquentiels
Du 20 mai au 2 septembre 2007
H.A.C. (Histoire de l’artiste contemporain)
Marie Claude Pratte
Du 13 mai au 2 septembre 2007
Eric Simon
Stef (détail), 2006
4 éléments d’une série de 16 huiles sur toile
70 x 70 cm (chacune)
Photo : Jan Thijs
Sur les quatre expositions de l’été 2007 présentées au Musée d’art de Joliette, trois sont consacrées à des photographes. D’abord, deux sujets historiques : Lisette Model (du 20 mai au 6 août), organisée et mise en tournée par le Musée des beaux-arts du Canada, réunit cinquante œuvres de cette artiste américaine, figure marquante de la photographie du milieu du XXe siècle. De son côté, l’exposition Eadweard Muybridge. L’intuition du photographe (du 20 mai au 2 septembre), préparée par le Musée de Joliette à même sa collection, propose douze planches de photographies séquentielles de cet Américain d’origine britannique de la fin du XIXe siècle. Muybridge est surtout connu pour ses chronophotographies décomposant le mouvement ; les planches exposées sont des phototypes réalisés à partir de la série de 791 planches regroupées en 1887 sous le titre Animal Locomotion.
Côté art actuel, le Musée offre deux expositions maison : l’une consacrée au photographe Éric Simon, l’autre à la peintre et bédéïste Marie Claude Pratte. L’exposition Eric Simon. Portraits séquentiels (du 20 mai au 2 septembre) propose de visiter le portrait en tant que procédé d’observation et d’identification mais aussi en tant que représentation affective. Quant à l’exposition H.A.C. consacrée au travail de Marie Claude Pratte (du 13 mai au 2 septembre) et présentée dans le cadre de la série Histoire de l’artiste contemporain, elle est constituée d’une centaine d’acryliques sur bois dont le style combine le trash et la caricature. M-C.M.
Un jugement sÛr
Galerie Estampes Plus
49, rue Saint-Pierre, Québec
Tél. : 418 694-1303
estampe@globetrotter.net
Directrice : Claire Morin
Principaux artistes de la galerie : Hannah Alpha, Julie Arkinson, Françoise Barraud, Paul Béliveau, Dominic Besner, Suzanne Bellefeuille, Denise Blackburn, Louis-Pierre Bougie, Kitti, Bruneau, Viviane Case-Fox, Pierre Chénier, Paul Cloutier, Lucienne Cornet, Lorraine Dagenais, René Derouin, Élène Gamache, Isabelle Gauvreau, Sylvain Groleau, Paul Hunter, Evelyn Klein, Guaitan Lacroix, Jo-Ann Lanneville, Micheline Landry, Jou Lee, Madeleine Lemire, Chantal Messier, Gilles Payette, Pascale Poulin, Lili Richard, Danièle Rochon, Claude Saint-Jacques, Julie Saint-Amand, Lisa Tognon, François Vincent, Nathalie Verdier
Il y a près d’un quart de siècle, en 1984, la galerie Estampe Plus était la seule dans son genre à s’être implantée dans le quartier du Vieux-Port de Québec. Depuis, bien d’autres l’ont imitée et, dans ce secteur historique de la capitale, les galeries d’art moderne côtoient allègrement boutiques et restaurants les plus variés.
D’abord exclusivement consacrée à l’estampe, la galerie a exposé pendant près d’une dizaine d’années les productions des meilleurs graveurs, notamment celles de Paul Béliveau, Kittie Bruneau, René Derouin
et des artistes des ateliers Circulaire et Presse-papier.
Au début des années 90, tout en continuant de privilégier les œuvres sur papier, Claire Morin, directrice d’Estampe Plus, a décidé d’accueillir peintures et sculptures. L’une des particularités de la galerie est d’organiser de huit à dix expositions solo par année. C’est probablement la seule galerie de Québec capable de soutenir un tel rythme. L’été, Claire Morin propose une exposition collective composée d’une sélection d’œuvres de ses artistes.
Aujourd’hui, la galerie Estampe Plus offre l’une des plus vastes gammes d’œuvres d’artistes chevronnés dont la notoriété et le rayonnement sont indiscutables. Elle n’en continue pas moins à exposer des
créations de jeunes artistes au talent prometteur. À en juger par la liste des noms prestigieux que compte
la galerie, on peut dire que Claire Morin exerce un jugement sûr. B.L.
N° 207, été 2007 |
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