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L’effet Sullivan
Printemps
2026
La pratique de Sullivan se renouvelle sans cesse, réactivée par les manières artistiques de faire, dansée par d’autres corps, reprise dans les manifestes d’aujourd’hui. Son travail permet de réécrire les théories en esquivant des discours dominants, présents notamment au sein de réseaux longtemps hiérarchisés et dirigés par le genre masculin. Créer d’après et après Sullivan, c’est accepter d’être déplacé·e·s et inscrit·e·s dans une lignée créatrice sans balises, hors normes, c’est mesurer comment la pluridisciplinarité de son travail et comment sa pensée pionnière ont élargi l’horizon des générations subséquentes puis influencé leurs trajectoires, c’est prendre conscience que son œuvre a constitué un des vecteurs essentiels d’émergence des luttes émancipatrices au Québec.
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Tous les articlesFrançoise Sullivan incarne une reconfiguration contemporaine du récit de l’art moderne. Artiste interdisciplinaire, active en danse, peinture et sculpture, elle apparaît aujourd’hui comme une pionnière du travail in situ et de la performance. Sa reconnaissance tardive témoigne d’un déplacement historique : une œuvre longtemps tenue en marge occupe désormais une place centrale. Son parcours invite à relire l’histoire de l’art depuis une perspective féminine et à interroger la légitimation progressive de pratiques hybrides plus près de la vie, jadis tenues à l’écart, désormais présentes dans le champ de l’art contemporain. À partir de Danse dans la neige (1948) et de son inscription au sein du groupe automatiste, cet article examine les hiérarchies de médiums qui ont façonné le canon moderne et contribué à la minorisation de disciplines et de pratiques. Il ne propose pas une lecture exhaustive du travail de Sullivan, mais une réflexion générale sur les modalités d’écriture de l’histoire depuis des postures féministes et performatives.
Mes pas d’enfant ont foulé un pays de sols dansés. Il est de ces lieux qui savent garder les traces, qui ont un ciel assez vaste pour faire siffler la mémoire.
Bordé par la rivière, l’espace de rencontres et d’émulsions où une génération s’est imaginée, repensée, définie se tient encore, comme immuable. Figé, son mobilier confectionné à l’École du meuble, dont persiste le style Art déco, résiste au passage du temps, veillé par l’équipe du Musée des beaux-arts de la ville – dont j’ai fait partie – qui s’emploie à faire vivre à la maison une traversée intemporelle. Borduas y a vécu, et sa pensée résonne encore.
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Retour du lancement du numéro 280, sous la thématique L'effet Sullivan, à la Galerie Simon Blais, le 23 avril dernier.