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L’effet Sullivan
Printemps
2026
La pratique de Sullivan se renouvelle sans cesse, réactivée par les manières artistiques de faire, dansée par d’autres corps, reprise dans les manifestes d’aujourd’hui. Son travail permet de réécrire les théories en esquivant des discours dominants, présents notamment au sein de réseaux longtemps hiérarchisés et dirigés par le genre masculin. Créer d’après et après Sullivan, c’est accepter d’être déplacé·e·s et inscrit·e·s dans une lignée créatrice sans balises, hors normes, c’est mesurer comment la pluridisciplinarité de son travail et comment sa pensée pionnière ont élargi l’horizon des générations subséquentes puis influencé leurs trajectoires, c’est prendre conscience que son œuvre a constitué un des vecteurs essentiels d’émergence des luttes émancipatrices au Québec.
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Tous les articlesLes mains dans un buisson, je cueille des feuilles de persil de mer et des pétales de rose avec précaution. Le soleil plombe tandis que, entourée de vesce jargeau, de marguerites et de sapins, j’aperçois au loin, d’une part le fleuve, et de l’autre, les montagnes, que j’ai traversées en parcourant la route 138 pour venir à la rencontre de Karine Locatelli et du territoire qui l’accueille. Alors que nous cueillons et discutons, les abeilles bourdonnent, le vent souffle dans les arbres, l’odeur saline du fleuve effleure nos narines. Charlevoix s’invite dans la conversation.
En parcourant le vaste matériel éditorial produit au fil de plus de 40 ans par le 3e impérial, j’ai été frappé par une phrase qui m’est restée en mémoire : « Il faut déplacer les montagnes pour qu’on puisse voir nos sommets1. » Si elle visait initialement la démarche d’un artiste en particulier, elle traduit l’essence même du travail magistral mené par le centre d’artistes autogéré : une transformation matérielle et symbolique du territoire par une approche contre-monumentale. Premier centre d’artistes au Québec à avoir délaissé sa galerie, le 3e impérial s’est installé en 1984 dans l’ancienne usine d’Imperial Tobacco, à Granby, en Estrie. C’est de ce territoire qu’il a développé une approche singulière de l’art infiltrant, fondée sur des résidences, des collaborations et des processus à long terme qui interrogent les façons d’habiter un territoire.
Tous les matins, pendant douze jours, j’ouvre la porte de la Maison Saint-Dilon, située à Natashquan, sur la Côte-Nord. J’entre dans une modeste maison aux bardeaux de cèdre rouge dressée devant le golf du fleuve Saint-Laurent, au milieu du village, entre les cabanes colorées et les dunes. Le poids de mon corps fait craquer les vieilles planches de bois et me rappelle que, pour que la maison rouge subsiste, il faudra un jour la soulever de terre tout entière. Ses fondations se fatiguent. Je me mets à imaginer la maison léviter doucement, face à la mer, révélant le sol de sable sur lequel elle repose. Une sorte de petit miracle.
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Toutes les nouvellesCommuniqué
L’été, nous sommes plusieurs à arpenter le territoire québécois, en tant que touristes, artistes, amateur·rice·s ou curieux·euses de l'art, pour apprécier l'offre culturelle des centres d’artistes, musées régionaux, lieux de résidence et autres espaces de création et de diffusion. Nous profitons ainsi de la belle saison pour vous proposer trois textes consacrés à des pratiques culturelles ancrées dans différents territoires du Québec : la Montérégie (Granby), Charlevoix et la Côte-Nord (Natashquan).